La vie wagnérienne

09 avril 2019

"L'OR DU RHÔNE" Journées spéciales Wagner

A Nietzsche qui a écrit "En Allemagne, Wagner n'est qu'un malentendu. Paris est le vrai terrain qui lui convient", Pascal Bouteldja, président du Cercle Richard Wagner-Lyon, a répondu : "Pourquoi pas Lyon ?".

Pour relever ce défi, il décida d'organiser du 5 au 7 avril des "Journées spéciales Wagner" qu'il appela L'Or du Rhône. Une belle initiative qui fut couronnée d'un succès bien mérité.

Les festivités commencèrent le vendredi 5 avril par une conférence de Cyril Plante sur "L'esprit de l'Opéra-Comique chez le jeune Richard Wagner". N'ayant pu y assister, je ne pourrai vous parler de cette soirée mais je sais qu'elle fut riche et brillante.

Le samedi 6 avril, dès 9h30, le Cercle Richard Wagner-Lyon a accueilli ses hôtes à l'hôtel Sofitel pour un café de bienvenue.

Georges Liebert

Georges Liébert prit ensuite la parole pour répondre à la question : "Le wagnérisme, une invention française ?". Ce brillant conférencier que nous avions déjà eu le plaisir de recevoir retraça le parcours du Maître afin de nous prouver à travers des citations, lettres, écrits divers de nombreux artistes, peintres, écrivains, poètes, musiciens et philosophes que la France et les Français étaient plus aptes à comprendre et à se passionner pour le compositeur que ses compatriotes allemands. Malgré le climat politique loin d'être toujours propice, la France a toujours aimé Wagner et a toujours eu des artistes pour le faire connaître et le défendre (Pasdeloup, Lamoureux). Bravant un anti-wagnérisme violent après la guerre de 1870, Wagner finit par triompher à l'Opéra de Paris. Il devint même à la mode...

Georges Liébert cita bien évidemment la fameuse lettre de Baudelaire qui contribua sans nul doute au succès du compositeur allemand dans notre pays. C'est enfin avec de longs extraits de Paul Valéry qu'il termina sa conférence très documentée sur le plan historique. Les auditeurs conquis se pressèrent de lui poser des questions auxquelles il répondit avec brio.

Une très belle matinée qui enchanta les wagnériens.

La salle

Après s'être restaurés, les admirateurs du Maître se retrouvèrent ce même samedi 6 avril à la Bourse du Travail pour un concert symphonique au programme duquel figuraient deux oeuvres du jeune Richard Wagner : L'Ouverture du roi Enzio et l'Heureuse famille des ours.

Patrice Couineau, Alain Jacquon et Pascal Bouteldja 2

Dirigé alternativement par Patrice Couineau et Alain Jacquon, l'Orchestre Symphonique des Conservatoires à Rayonnement Régional de Clermont-Ferrand et de Lyon, interpréta en première partie l'Ouverture de concert Les Hébrides de Felix Mendelssohn-Bartholdy et le triple concerto pour piano, violon et violoncelle de Beethoven avec en solistes trois artistes originaires de Taïwan.

Les trois artistes de Taïwan

Pour remercier le public de son chaleureux accueil, les trois solistes jouèrent une petite pièce tout à fait charmante d'un compositeur taïwanais dans laquelle les influences asiatiques se mêlent à la musique occidentale.

Outre la célèbre Moldau de Smetana, la deuxième partie fut consacrée au jeune Richard Wagner avec l'Ouverture du Roi Enzio et, événement exceptionnel, la création française d'esquisses musicales d'une petite comédie intitulée : "Les hommes sont plus rusés que les femmes ou l'Heureuse famille des ours". Au tout début de la pièce, l'arrivée soudaine du choeur du CRR de Lyon dans la salle de spectacle surprit le pubic qui se laissa séduire par la fraicheur, la spontanéité et l'implication de ces jeunes interprètes. Les duos de ces esquisses, quant à eux, furent chantés avec beaucoup d'enthousiasme par Arthur Cornélio et Alixe Durand-Saint Guillain. 

Alixe Durand-Saint Guillain et Arthur Cornelio

Alain Jacquon et les chanteurs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En résumé, un très sympathique concert avec de jeunes musiciens qui le temps d'une soirée s'étaient investis pour faire revivre ce "Wagner avant Wagner".

Les festivités prirent fin le dimanche 7 avril au Conservatoire Régional avec un récital "Airs et duos wagnériens". Le pianiste accompagnateur, Nobuyoshi Shima, avait déjà pu être apprécié par les adhérents du Cercle Richard Wagner. Les deux solistes, Cécile de Boever et Pierre-Yves Pruvost, après quelques airs en solo ont interprété les duos Hollandais-Senta et "the last but not the least" Wotan-Brünnhilde qui termine la première journée du Ring. Bien qu'incontestablement dotés l'un comme l'autre d'une voix (qu'ils étaient malheureusement loin de maîtriser...) leurs bonnes intentions n'ont pas suffi à nous faire, ne serait ce qu'un instant, entrevoir la beauté et la finesse de l'art du chant wagnérien...

Nobuyoshi Shima

Cécile de Boever

Pierre Yves Pruvost

 

 

 

 

 

Adieux de Wotan

 

 

Un grand bravo au président Pascal Bouteldja qui a su organiser d'une main de maître ce week-end "Or du Rhône" et démontrer ainsi, s'il en était besoin, que Lyon reste une grande ville wagnérienne.

Merci aussi à nos amis wagnériens des Cercles français qui nous ont rejoint pour partager avec nous ces moments d'enrichissement, de découverte et de convivialité.

 

that's-all

 

 

 

 


03 avril 2019

SAINT RICHARD

Ce 3 avril 2019, à l'occasion de la Saint Richard, l'Opéra de Lyon a fait peau neuve à la grande satisfaction du Maître...

lyon 2

 

 

 

 

 

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18 mars 2019

LA MISE EN SCENE WAGNERIENNE DEPUIS 1850

Bravant les diverses marches de protestation lyonnaises prévues à Lyon ce samedi 16 mars, les adhérents les plus courageux du Cercle Richard Wagner-Lyon se sont retrouvés à l'Hôtel Sofitel pour assister à la conférence de Guy Cherqui sur " l'Evolution de la mise en scène wagnérienne depuis 1950 ".

Gui Cherqui

Evitant toute polémique ou parti-pris, notre conférencier à su traiter son sujet de manière à la fois claire et extrêmement détaillée en présentant une sorte de généalogie des divers metteurs en scène. Il a commencé son exposé en tenant à expliquer que la comparaison entre mise en scène traditionnelle et moderne n'avait pas de sens puisque chacune avait été "moderne" à son époque.

Guy Cherqui a expliqué comment la transformation progressive des mises en scène était en réalité une conséquence de l'évolution des moyens techniques comme par exemple des éclairages. La lumière s'étendant insensiblement sur toute la surface de la scène, les chanteurs ne pouvaient se contenter de s'y tenir sur le devant et pouvaient y évoluer avec plus de naturel. D'autre part les toiles peintes ayant fait place à des décors construits, les interprètes devaient utiliser ces nouveaux espaces. Puis sont arrivés d'autres moyens comme la vidéo, le laser, le numérique...

Prenant l'exemple des Maîtres Chanteurs de Tobias Kratzer dont chaque acte est traité de façon différente, il nous a montré ce qu'était une mise en scène naturaliste (acte I) symbolique et dépouillée à la Wieland Wagner (acte II) et hyper réaliste façon Carstof (acte III).

A l'époque de Richard Wagner, deux courants se sont dessinés : un courant symboliste venant d'Adolphe Appia qui influencera Wieland Wagner par l'importance de la lumière dans un décor minimaliste ; un courant naturaliste venu d'Alfred Roller qui imprégnera Emile Prétorius puis Wolfgang Wagner. Au fil du temps, seuls Heiner Müller et Robert Wilson suivront la voie de Wieland alors que Prétorius et Wolfgang seront suivis par August Everding, Dieter Dorn, Günther Rennert, Otto Schenk, Tankred Dorst ou Robert Lepage.

Cherqui 1

 

Cherqui 2

Guy Cherqui aborda ensuite la question du Regietheater. C'est en 1970 que commença une véritable rupture esthétique coïncidant avec la fin d'une génération de " grandes voix ". Il fallait pallier à cette insuffisance par une évolution de la technique et de la mise en scène. De plus, Bertolt Brecht  et sa vision révolutionnaire du théâtre influencera grandement les metteurs en scène jusqu'aux plus récents : Giorgio Strehler (Lohengrin 1981), Luca Ronconi (Ring 1974) et Romeo Castelluci (Tannhäuser 2017).

De son côté, Patrice Chéreau, élève de Strehler, marqué simultanément par Brecht mais aussi par le Ring de Ronconi, élabore sa propre production du Ring en 1976 qui donne naissance à ce qu'il est convenu d'appeler le Regietheater (en réalité c'est Götz Friedrich qui l'a expérimenté le premier). C'est pourtant le Ring du centenaire de Patrice Chéreau qui a ouvert les vannes et débloqué l'inventivité

Les héritiers directs de Brecht que Guy Cherqui nomme "enfants" de Brecht sont : Harry Kupfer (Vaisseau - Ring), Ruth Berghaus (Parsifal - Tristan), Christoph Marthaler (Tristan), Hans Neuenfels (Lohengrin), Jürgen Flimm (Ring), Franck Castorf (Ring).

D'autres bien sûr ont bénéficié de l'héritage brechtien comme Stefan Herheim (Parsifal), Katarina Wagner (Maîtres Chanteurs), Barrie Kosky (Preto).

Les oeuvres qui inspirent le plus les metteurs en scène actuels sont celles que l'on peut lire de différentes façons. Si la mise en scène est ponctuelle, l'oeuvre perdure. Pourtant, certaines productions anciennes ont été conservées et sont rejouées régulièrement laissant ainsi une empreinte du passé. Mais les jeunes générations ont besoin d'une lecture nouvelle en accord avec leur temps et leur mode de vie. Il n'y a pas une façon de voir et d'entendre une oeuvre, il y en a autant que de spectateurs car chacun réagit selon sa sensibilité, son individualité et son histoire.

La salle

Guy Cherqui a été longuement ovationné par le public enthousiasmé par sa prestation au terme de laquelle il a pris le temps de débattre avec les participants qui visiblement étaient loin d'être indifférents à l'évolution de la mise en scène.

That's all floks

 

 

 

 

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12 février 2019

COMMEMORATION DU 150ème ANNIVERSAIRE DE LA MORT D'HECTOR BERLIOZ

Dans le cadre des Commémorations Nationales du 150ème anniversaire de la mort d'Hector Berlioz, le Cercle Richard Wagner-Lyon a tenu a rendre hommage au grand compositeur français avec un concert-lecture le vendredi 8 février au Goethe-Institut et deux conférences le 9 février à la Bibliothèque Municipale de Lyon Part-Dieu. Voici un bref compte-rendu de ces trois manifestations.

blog

LE CHOC DES TITANS - CONCERT-LECTURE - par Emmanuel Reibel récitant, et Nobuyoshi Shima pianiste.

C'est par le biais d'une lettre imaginaire écrite par Liszt à un certain Brandus, constituée d'extraits de correspondance réelle ou d'écrits divers, qu'Emmanuel Reibel nous a invité à suivre le parcours des deux musiciens à travers le temps. Nous avons pu mesurer leurs réticences l'un vis à vis de l'autre mais aussi leurs essais de rapprochement, découvrir les jugements qu'ils portaient sur leurs oeuvres réciproques, savourer le récit de quelques rencontres notamment à Londres invités l'un et l'autre, le même soir, par les deux Sociétés Philharmoniques de la ville et enfin peut-être mieux comprendre leur détachement et leur silence. 

Cette lecture fut entrecoupée par des illustrations musicales jouées par le pianiste Nobuyoshi Shima. Il s'agissait de transcriptions pour piano dues essentiellement à Liszt : Beethoven - 4ème mouvement de la Symphonie N°6 / Berlioz - Un Bal (valse de la Symphonie Fantastique), l'Idée Fixe (Symphonie Fantastique), Marche des Pélerins (Harold en Italie) / Wagner - Paraphrase sur la Marche des Pélerins (Tannhäuser, transcription de Leopold Godowsky) et Liebestod (Tristan et Isolde).

Nobuyoshi Shima et Emmanuel Reibel

Une belle soirée avec un récitant plein de finesse et un pianiste qui fit une prestation de haut niveau avec beaucoup d'élégance.

Le Cercle Wagner tient a remercier le Goethe Institut pour son accueil et la collation servie au terme de cette manifestation, qui a permis au public d'échanger autour d'un verre de vin de Franconie.

La salle du Goethe-Institut

 

 

BERLIOZ et WAGNER : DRAMATURGIES COMPAREES - conférence de Violaine Anger.

C'est avec beaucoup de plaisir que nous avons écouté Violaine Anger nous expliquer ce qui rapproche, mais aussi ce qui sépare ces deux génies de la musique. Entre eux, il n'existe pas d'opposition binaire mais un "choc d'aspérités".

Violaine AngerIls avaient un fond commun : ils vivaient à la même époque, avaient les même hantises, aimaient Beethoveen, Weber et Gluck. Ils avaient tous deux une idée de la monumentalité et tenaient à être leur propre librettiste. Ils défendaient l'amour absolu (Tristan et Isolde, Roméo et Juliette), étaient fascinés par la notion de destin (le Ring, les Troyens) mais aussi par l'idée de Dieu (Parsifal, l'Enfance du Christ) et le rôle de l'Artiste (les Maîtres Chanteurs, Benvenutto Cellini). Ils diront : "Si nous avons des aspérités tous les deux, au moins nos aspérités s'emboitent".

Sans avoir la prétention de revenir sur l'ensemble de cette riche conférence, je voudrais reprendre quelques éléments développés par Violaine Anger concernant le rêve et la façon dont chacun des deux musiciens envisageait la question de la scène, du plateau et de la représentation.

La Symphonie Fantastique est un récit de rêve en musique alors que le rêve d'Elsa, par exemple, est décrit avec des mots. Chez Berlioz, pas de mot, pas de récit, mais seulement de la musique. A l'inverse,Wagner n'hésite pas à utiliser des mots, des descriptions. Les personnages vivent et rêvent sur scène car pour lui, la scène est lieu de vie et de rêve. Dans la mort d'Isolde, celle-ci voit et entend des choses que ni le roi Marke ni Brangaine ne peuvent percevoir, sa voix se noie, se dissout dans la musique mais tous les personnages sont présents. Ce qui se passe sur scène est comme un rêve éveillé, halluciné. Pour Berlioz, cela est impossible. Il  existe une rupture entre rêve et réalité et la scène n'est pas un lieu de rêve. Ainsi, pour Lelio, il invente un dispositif scénique permettant de ne voir ni le chef d'orchestre, ni les choeurs, ni les solistes mais seulement le personnage principal qui rêve. Quand Lelio ne rêve plus, le rideau s'ouvre et l'on peut alors voir le choeur et l'orchestre et le rideau se referme quand Lelio retourne à son rêve. Pour le compositeur français, la musique décrit mais rêve et réalité ne se mélangent pas. Avec sa symphonie dramatique Roméo et Juliette, plus de personnages, l'amour est trop sublime pour être représenté par de simples chanteurs. Berlioz veut ainsi démontrer la puissance évocatrice de la musique, capable de faire vivre des personnages sans les montrer. C'est l'orchestre qui fait vivre Roméo et Juliette et son compositeur dira : "La sublimité même de cet amour en rend la représentation trop difficile, c'est à la musique de l'expliquer".

Remarquons que Berlioz et Wagner ont tous deux écrit une chevauchée mais leur conception scènique diffère : avec la Chevauchée des Walkyries, Wagner souhaite voir atterir les chevaux ce qui n'est pas sans poser problème pour la mise en scène ! Avec la course à l'abîme de la Damnation de Faust, Berlioz décide de ne rien montrer, la mise en scène en est donc bien facilitée.

On trouve peu de récits chez le compositeur français et s'il y en a, ils sont très courts. Il pense plus en épisodes, tableaux et est partisan de la musique libre.  A l'inverse, on trouve beaucoup de récits chez Wagner et ils sont souvent très longs et détaillés.

On peut remarquer d'autres spécificités propre à chacun : de nombreux duos chez Berlioz et assez peu chez Wagner. Pour Berlioz, le duo exprime les sentiments, le bonheur ou peut représenter un prélude à ce qui va se passer, il n'y a pas de métaphore. Chez Wagner, le duo peut souvent être considéré comme métaphore de l'acte sexuel.

Pour finir, ils ont l'un et l'autre un rapport avec le sacré mais qu'ils expriment une fois de plus différemment. Berlioz écrit une grande messe des morts et Wagner écrit Parsifal. Même si ces deux oeuvres sont très différentes, elles touchent l'auditeur.

En conclusion, nous pouvons dire que les deux artistes aux aspirations pourtant très semblables ont une manière bien personnelle, distincte et souvent même contraire de les exprimer.

la salle de la Bibliothèque

Voici un très bref aperçu de cette belle conférence. Violaine Anger, qui visiblement affectionne les deux compositeurs a su avec beaucoup de douceur et de bienveillance présenter à un public très attentif les caractéristiques, les "aspérités" des deux artistes en toute impartialité.

 

WAGNER ET BERLIOZ : LE CHOC DES CULTURES - Conférence d'Emmanuel Reibel

Changeant son habit de lecteur pour celui de conférencier, Emmanuel Reibel a voulu nous faire découvrir quels étaient les "responsables" du choc Berlioz-Wagner. 

Emmanuel reibel

Berlioz et Wagner, bien qu'ayant dix ans de différence, avaient de nombreuses affinités : il avaient l'un et l'autre un statut de compositeur, chef d'orchestre et écrivain. Berlioz écrira quelques 4000 lettres, des articles de presse, plus de 800 critiques musicales, des livrets d'opéra (Lelio, la Damnation de Faust, L'enfance du Christ, Beatrice et Bénédict, Les Troyens), des livres tel son Traité d'orchestration, des recueils de voyages, les Soirée de l'Orchestre et des mémoires autobiographiques. De son côté, Wagner écrira 13 livrets d'opéra et les textes d'opéras inachevés, son traité Opéra et Drame, une intense correspondance, des textes autobiographiques (Carnet Brun, Journal, Ma Vie).

N'étant ni des virtuoses ni des enseignants, ils sont l'un et l'autre des compositeurs qui écrivent pour vivre. Wagner est un théoricien, Berlioz ne l'est pas. Ils ont des goûts communs pour Shakespeare et pour le Faust de Goethe qui les inspirera tous les deux (Faust Ouverture - Damnation).

Berlioz et Wagner écriront l'un et l'autre une marche funèbre. Pour Berlioz, il s'agissait d'une commande officielle du Ministre de l'Intérieur en prévision de la grande célébration du dixième anniversaire de la Révolution de 1830 à Paris. Berlioz devait diriger un orchestre fait de cuivres, vents et percussions tout en marchant à reculons... une symphonie aux accents français. Chez Wagner, la marche funèbre prend une toute autre dimension, on sort du matérialisme, Wagner a su nous plonger dans une atmosphère à la fois grave et spirituelle.

Une autre affinité élective est l'intérêt qu'ils suscitent pour les caricaturistes qui les qualifient de musiciens "qui font du bruit".

Enfin, l'un et l'autre ont des difficultés a être reconnus et à se faire jouer dans la capitale française.

 

 

 

Berlioz dirige

Wagner dirige 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après avoir évoqué quelques aspects qui pouvaient rapprocher les deux artistes, voyons à présent leurs points de dissymétrie.

Tout d'abord, Berlioz a totalement effacé Wagner de ses mémoires alors que Wagner lui, ne l'a pas fait. 

Ensuite, la différence d'âge de dix ans explique que Wagner a pu écouter tout jeune les oeuvres de Berlioz alors que l'inverse était bien évidemment impossible. En effet, Wagner entend Romeo et Juliette alors qu'il n'a que 26 ans. Voilà un petit extrait de ce qu'il en écrira : "L'audition de sa symphonie Roméo et Juliette m'a fait éprouver les plus vifs regrets... à côté de trouvailles les plus géniales, il s'ammoncelle une telle quantité de fautes contre le goût....." 

Cependant, Wagner rendra un hommage très vibrant à Berlioz en lui dédicaçant son Tristan en 1860 mais celui-ci dira de cette oeuvre : "J'ai lu et relu cette page étrange ; je l'ai écoutée avec l'attention la plus profonde et un vif désir d'en découvrir le sens ; eh bien, il faut l'avouer, je n'ai pas encore la moindre idée de ce que l'auteur a voulu faire".

Richard Wagner a donc écouté Berlioz entre 1830 et 1842 et on peut dire que d'une certaine manière, il existe une continuité entre la Symphonie Fantastique et sa propre musique. C'est d'ailleurs grâce à cette symphonie qu'il découvre le cor anglais dont il se servira plus tard dans Tristan. Si le début de la Symphonie Fantastique est marqué par un côté "musique populaire" avec une dimension contemplative, l'opéra "Tristan et Isolde" se déroule dans un univers plus abstrait, voire métaphysique.

Une dernière dissymétrie : Wagner a été marqué par Berlioz mais l'inverse n'est pas vrai. Si Berlioz entend en 1843 la musique du jeune allemand et reconnaît le génie wagnérien, il n'y a pas pour autant de filiation. 

C'est vers 1860 que les relations sont les plus tendues notamment lors du concert de Londres. Franz Liszt, partagé entre les deux artistes, fait de son mieux pour contenter l'un et l'autre : il fait représenter Lohengrin et s'occupe simultanément de la création de Benvenuto Cellini. En 1856, il organise une semaine Berlioz mais fait aussi représenter Lohengrin. Liszt estime les deux hommes et les deux artistes et veut les promouvoir l'un et l'autre.

L'entente entre l'allemand et le français est fragile. Wagner veut conquérir Paris et Berlioz le voit d'un mauvais oeil. Il assiste aux concerts préliminaires à Tannhäuser et en fait à la fois des compliments et des griefs (longueur, absence de mélodie et de forme). Le français est d'abord jaloux quand on annonce la création de Tannhäuser mais, devant le désastre, il préfère garder le silence et confie à son collègue le soin d'écrire la critique dans le Journal des Débats. Il ne souhaite pas se joindre à la cabale anti-wagnérienne. En 1863, il réentendra Tannhäuser à Weimar et c'est là que s'arrêteront les relations entre les deux hommes.

Les deux compositeurs n'évoluent plus dans le même monde : Wagner se consacre au mythe germanique alors que Berlioz s'intéresse aux Troyens. Ils vivent dans deux univers culturels différents. Avant sa mort, Berlioz écrit l'opéra Beatrice et Bénédict qui semble sorti d'un monde aux sonorités mozartiennes. Le compositeur désire toujours avoir recours à des formes dramaturgiques abandonnées par beaucoup d'autres, il aime retravailler les formes qui l'ont marqué dans sa jeunesse et peut donc paraître en décalage avec ses contemporains. En 1869, après la mort de Berlioz, Wagner écrira la scène lyrique et très moderne des trois Nornes dans le Crépuscule des dieux. 

Au-delà des différences de conceptions musicale et théâtrale des deux artistes, le choc a été largement entretenu par la réception, entre autre par les caricatures, les journalistes voyant en Berlioz une sorte de Wagner et les associant volontiers dans leurs critiques.

 A la mort de Berlioz en 1869, va se réveiller un nationalisme français et l'artiste sera statufié un peu partout. Des rues porteront son nom. Il sera érigé en grande figure de la musique française face aux géants allemands Beethoven et Wagner. Les Troyens feront leur entrée à l'Opéra de Paris en 1899 et des grandes fêtes lors du centenaire seront organisées dans la France entière. Camille Saint-Saëns écrira une "Ode à Berlioz". Cette période du centenaire entretient l'antagonisme et Berlioz devient le pendant national de Wagner. Depuis 1947, alors que la tradition voulait que le défilé du ballet de l'Opéra de Paris se déroule sur la Marche de Tannhäuser, Serge Lifar fait changer la musique et désormais le défilé a lieu sur la Marche des Troyens d'Hector Berlioz. L'opposition entre les deux artistes sera alimentée par la presse mais aussi par la discographie et les chefs d'orchestre n'hésiteront pas à les associer dans leur programmes, peut-être pour continuer à entretenir... le choc des cultures.

Voilà un bref résumé d'une magnifique conférence d'Emmanuel Reibel qui a su passionner son auditoire. Il a d'ailleurs été ovationné par des applaudissements soutenus et mérités.

 

 

15 janvier 2019

UNE LONGUE INTERRUPTION

 Voilà de longs mois qu’aucun article n’a été rédigé sur ce blog. La raison, certains d’entre vous la connaissent, c’est le décès de mon cher époux Henri Perrier.

J’ai créé ce blog en 2013, après le Congrès International des Cercles Richard Wagner à Leipzig. Cette année là, on célébrait le 200ème anniversaire de naissance de Wagner et sa ville natale voulait rendre un hommage particulier à l’enfant du pays. Après ces journées de festivités, j’ai eu l'envie de faire partager nos découvertes, nos émotions, nos rencontres et les spectacles que nous avions vus aux wagnériens qui n’avaient pas eu la chance, comme nous, d'assister à cet événement.

Après ce magnifique congrès, petit à petit, furent écrits d’autres compte-rendus de spectacles, puis de réunions du Cercle Richard Wagner de Lyon, de voyages ou rencontres avec d’autres Cercles et enfin des articles « de fond » dans lesquels Henri excellait. En effet, si au début, j’étais seule à rédiger ce blog, nous l’avons assez vite continué à deux.

Aujourd’hui, je me retrouve seule. Les articles seront moins réguliers et se limiteront pour le moment aux seules réunions du Cercle de Lyon. Plus tard, je vous proposerai sans doute à nouveau des compte-rendus de spectacles.

Je vous remercie pour votre compréhension et votre fidélité.



 WAGNER ET LES PARODIES MUSICALES 

C'est autour de Nicolas Southon que les adhérents du Cercle Richard Wagner - Lyon se sont retrouvés ce dimanche 13 janvier à l'Hôtel Sofitel, pour une conférence intitulée "Wagner et les parodies musicales".

walküre

Un vaste sujet qui intéressa nombre de musiciens, tant du vivant de Wagner que de nos jours. Nicolas Southon nous expliqua que la parodie pouvait prendre la forme d'une imitation moqueuse, tel le pastiche, ou devenir satire c'est-à-dire la transformation d'un morceau existant en élement burlesque. La parodie peut également proposer une oeuvre dans un style complètement différent de l'original, Wagner version jazz par exemple. Dans ce genre de transformations, le référent est sérieux mais l'effet est comique. Richard Wagner, qui se distingait par son originalité musicale, se prêta tout naturellement  aux parodies.

Il nous présenta alors les compositeurs et musiciens qui se livrèrent à ce genre d'exercices.

Pour commencer le viennois Johann Nestroy, qui à partir des années 1850, s'intéressa à Tannhäuser, Lohengrin et Tristan. La parodie de Tristan fut d'ailleurs très curieusement jouée à Paris avant l'oeuvre du Maître dont la première avait dû être différée à maintes reprises.

Dès 1860, les parodistes s'en donnèrent à coeur joie. Offenbach fit représenter aux Bouffes Parisiens sa "Symphonie de l'avenir" dans laquelle il se moquait de Wagner et de sa "musique de l'avenir" en faisant dire à son personnage : "Ah Ah, me voilà, je suis le compositeur de l'avenir et je vous écrase tous, vous, le passé, la routine, je suis toute une révolution !" 

offenbach symphonie de l'avenir

Jusqu'à la fin du XIXème siècle, les parodies se multiplièrent et si les titres sont connus, on ignore souvent qui en est l'auteur. Ce ne sont que de simples amusements et on ne parodie que les chefs-d'oeuvres. C'est ainsi qu'à Rouen, en 1891, le directeur des Folies-Bergères, profitant du grand succès de Lohengrin, fit insérer dans sa revue un "Lotehencrin". A la même époque on trouvait une autre parodie de Lohengrin intitulée "Bonjour Lolo".

En 1920, un humoriste, compositeur dont le nom de scène était Bétove excellait dans l'imitation en prenant un thème et en le traitant "à la manière de". Il savait percevoir et retranscrire les caractéristiques musicales et mêmes les manies des grands maîtres et réalisa cinq "parodies" dans lesquelles il imita Massenet, Rossini, Debussy Hahn et Wagner. Celle sur Wagner se compose d'un arioso aux paroles assez ridicules.

En 1950, Georges Van Parys écrivit plusieurs parodies dans le style de Rossini, Debussy, Offenbach et Gershwin ainsi qu'un "Tristoeil et Brunehouille" sorte d'opéra-bouffe à la manière de Wagner.

A cette même époque, Gérard Hoffnung composa un véritable patchwork musical dans l'ouverture duquel, il mêlait Carmen et les Maîtres Chanteurs.

Autre forme de parodie : la citation musicale. Elle est volontaire, se veut reconnaissable mais brève. Si un compositeur choisit d’en citer un autre, c’est soit par dérision, soit par déférence. C'est ainsi que Debussy, dans son cycle "Les Children's Corner", utilisa l'accord de Tristan et Benjamin Britten fera de même dans son opéra Albert Herring. Richard Strauss, grand admirateur de Wagner, écrivit une pièce orchestrale dans laquelle il mêla le début de l'Or du Rhin à la musique de scène du Bourgeois gentilhomme. Richard Wagner lui-même, dans le deuxième acte de ses Maîtres Chanteurs, fit référence à son opéra Tristan en faisant entendre le thème du roi Marke alors que Hans Sachs en parle à Eva.

Nicolas Southon évoqua ensuite les fantaisies en forme de quadrille sur des thèmes wagnériens. Le drame wagnérien est ainsi représenté par une danse. On y trouve les "Souvenirs de Munich" d'Emmanuel Chabrier sur des thèmes de Tristan et Isolde dont Alfred Cortot dira : "Fantaisie d'un goût discutable". Puis "Souvenirs de Bayreuth" de Gabriel Fauré et André Messager sur des thèmes du Ring.

Dans les années 1923-27, Clément Doucet, élève de Liszt et pianiste de jazz, écrira "Isoldina" et "Wagneriana" dans le style ragtime, oeuvres frontière entre la parodie et la transcription qui s'apparentent donc davantage à une "relecture".

Paul Hindemith, quant à lui, a écrit une : "Ouverture du Vaisseau Fantôme déchiffrée à vue par un orchestre de casino de troisième zone sur le coup de sept heures du matin au bord d'une fontaine" dans laquelle les musiciens dérapent, jouent faux et finissent par reprendre leur répertoire habituel en interprétant une valse viennoise. 

Maurice Ravel composa des oeuvres pour piano intitulées "A la manière de" pastichant ainsi Chabrier, Borodine et Wagner. A son tour, Alfredo Casella pastichera Parsifal et Tristan . 

Henry Cowell, lui, donne des "instructions pour composer une ouverture de Wagner". Ici, on quitte le domaine de la parodie ou du pastiche pour entrer dans ce que l'on peut qualifier d'oeuvre nouvelle.

Enfin, les résumés d'opéras ou synopsis peuvent aussi être considérés comme une forme de parodie. Ils ont pour la plupart un but pédagogique. L'opéra de Sydney a réussi l'expoit de présenter sous forme d'un film de deux minutes trente un résumé du Ring ! Anna Russell, avec une analyse abrégée et humoristique très personnelle, présentera, et ceci durant de longues années, le Ring de manière simplifiée.

Voici un bref aperçu de ces diverses formes de parodies dont nous a entretenu notre très brillant conférencier, émaillant son propos d'extraits musicaux. Il a été chaleureusement applaudi par les auditeurs qui ont apprécié non seulement son travail considérable de recherche mais aussi son art oratoire.

quelques adhérents

Un bon début d'année pour le Cercle Richard Wagner - Lyon.

 

 

 

 

 

 

 

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05 août 2018

WAGNER AVEC DES LUNETTES

Tout le monde ou presque le savait : depuis la mise au point qu'on croyait définitive du Docteur Bouteldja dans le chapitre exhaustif qu'il avait consacré dans son "Patient" aux troubles oculaires de Wagner, le Maître portait bien des lunettes pour tenter de corriger et d'atténuer les souffrances et inconvénients qui en résultaient.

Et voilà qu'un nouveau document vient d'être porté à notre connaissance. La discrétion qui est de mise nous empêche de révéler l'inventeur de la monture (ou du montage ?) dans ce document qui va néanmoins constituer une pièce d'importance à ajouter à l'iconographie wagnérienne. 

Pour le diffuser, nous profitons de l'occasion que nous apportent ces jours caniculaires pendant lesquels le monstre préfère se tapir dans les profondeurs du Loch Ness et que l'intrépide gorille, échappé de l'Elysée, n'a pas encore été détecté dans la piscine de Brégançon.

Richard Wagner

 

 

 

 

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28 juillet 2018

WAGNERMANIA

Certains observateurs prennent un air étonné quand ils entendent dire qu'il y aurait encore (dans la dernière partie du premier quart du vingt-et-unième siècle !) des gens attardés qu'on qualifie ou qui se qualifient eux-mêmes de wagnériens. Il faut dire que la situation peut paraître paradoxale, car nombre de ces passionnés, voire fanatiques en question vont au théâtre pour assister à des spectacles auxquels ils cherchent vainement la plupart du temps à trouver une signification visuelle cohérente à ce qu'on leur fait voir qui n'a qu'un rapport très éloigné avec la pièce dont ils connaissent bien l'argument et dont ils ont même souvent étudié le livret.

Après quelques reflexions du genre : "Là, vraiment, je ne peux pas être d'accord, mais il y a tout de même de très belles images et une superbe direction d'acteurs ; il est bien évident que le concept demande à être retravaillé...", ils se rabattent sur les qualités des solistes, du chef, de l'orchestre et des choeurs ce qui est bien naturel quand on a dû débourser 300 € pour acquérir son billet. C'est un peu comme chez le psychanalyste, quand on a payé on apprécie mieux la prestation. Mais je m'aperçois que je ne parle pas réellement des wagnériens, mais seulement des personnes qui fréquentent des théâtres où des oeuvres de Wagner sont données en représentation. Parmi eux, il y en a qui ne connaissent ni ne comprennent l'allemand tel que l'écrit Wagner, des étrangers bien sûr mais aussi malheureusement des autochtones pour qui le romantisme s'est limité au choix de la couleur de leur voiture. Ils devraient être ailleurs me direz-vous, mais s'ils sont là, c'est par une sorte d'obligation dont les motivations sont de nature extrêmement diverses. Certaines d'ailleurs sont sympathiques voire émouvantes, car elles n'excluent pas une sincérité réelle. On pourrait résumer cela par un seul vocable : le snobisme, mais c'est plutôt une sorte de routine, de rituel à la fois chaleureux et mondain. Ainsi les plus fortunés d'entre eux ont dû être passablement excités par l'annonce d'une production de La Walkyrie à Abu Dhabi donnée par le Festival de Bayreuth au début de l'année 2019. Et dire qu'il y a des grincheux pour prétendre que Wagner n'est pas à la mode !

Erlösung

Ayant fait partie de ceux qui ont été condamnés à opter pour l'espagnol en deuxième langue pour passer le bac, j'ai été bien obligé de faire preuve de courage (et plus tard en éprouver de la satisfaction et du plaisir) à entreprendre des études personnelles de la langue allemande ; des études certes imparfaites mais que je continue avec application ce qui m'a permis d'apprécier à sa juste valeur l'immense génie dramatique et poétique de Wagner bien au-dessus des jugements condescendants de certains germanophones professionnels étriqués.

Cette introduction est certes bien longue pour mon propos qui est uniquement de porter à la connaissance des "wagnériens" pratiquant la langue castillane l'existence d'un site Internet intitulé "Wagnermania" d'un intérêt tout à fait remarquable avec des rubriques très diverses souvent exclusives, des raretés en tous genres et une rubrique humoristique des plus rejouissantes. Une dernière blague qui vaut bien certaines laborieuses dissertations du genre "blog du chemineau", fait voir Placido Domingo consultant la partition de La Walkyrie qu'il doit diriger et qui se dit : "C'est bizarre, mais j'avais toujours cru que La Walkyrie n'avait que deux actes !".

 

fin

 

 

 

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20 juin 2018

JOUR DE FÊTE

La fête de la musique sans doute la plus grandiose eut lieu le 21 juin 1868, jour de la création des Maîtres Chanteurs. Faveur suprême, le compositeur de l'ouvrage fut prié d'assister à la représentation dans la loge royale auprès du souverain. Il paraît que jamais tel honneur n'avait été accordé à un artiste. Il est vrai que ce n'était pas un artiste ordinaire et que le roi de Bavière n'était pas non plus un monarque "normal". Le Maître répondit à l'hommage enthousiaste du public en se levant pour le saluer.

Le dessin qui a immortalisé cet épisode a malheureusement les traits d'une caricature pas très sympathique. Nous avons essayé de lui donner un aspect plus attrayant.

Wagner au balcon colorisé

Quelques français étaient présents à cette Première : 

- Léon Leroy - Victorin Joncières - Edouard Schuré - Jules Pasdeloup - Paul Chandon - Pauline Viardot (avec Tourgueniev bien sûr).

Un fait relatif à cette création mérite particulièrement d'être souligné : c'est la jeunesse des principaux interprètes :

Franz Betz (Sachs), le futur Wotan de Bayreuth, avait 33 ans tout comme Franz Nachbaur (Walther). Quant à Eva, Mathilde Mallinger, elle était dans sa vingt-et-unième année !

Lorsque de nos jours, on voit des stars attendre la cinquantaine bien sonnée pour se lancer dans le répertoire wagnérien, on ne peut que s'interroger sur les raisons de cette évolution. Mais, en revanche, on ne peut guère s'étonner d'entendre dire par les jeunes d'aujourd'hui : "l'opéra ? mais c'est un truc pour les vieux !"

 

fin

 

 

 

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15 juin 2018

HIER GILT'S DER KUNST

 

Titre blog

Au milieu du battage assez peu créatif mis en place pour "fêter" les 150 ans de la mort de Rossini, le monde lyrico-médiatique ne fait pas grand cas du cent-cinquantième anniversaire de la première représentation des Maîtres Chanteurs (le 21 juin 1868 au Hoftheater de Munich) comme si l'insoutenable légèreté de la démonstration à Bayreuth de l'été dernier avait réglé la question de manière péremptoire.

Pour nous, il en va différemment et nous vous proposons d'honorer la circonstance à notre façon, plutôt enjouée tout en restant sérieuse mais sans néanmoins se prendre au sérieux. Dans ce but, nous vous invitons à la visite de certaines parties d'un "cabinet des curiosités" dédiées à cette oeuvre pour laquelle nombre de wagnériens ont un attachement particulier. Nous vous en avons précédemment présenté divers aspects : les illustrations de Franz Stassen, les chromos Liebig...

Commençons en revenant à quelques images publicitaires, car il fut un temps où les Maîtres Chanteurs étaient un opéra... populaire (vous avez bien lu !

images publicitaires

Les interprètes

 

Sans oublier les cartes postales "humoristiques" qui font les délices de trop rares amateurs

blagues Meistersinger

Toujours dans le même genre, mais souvent plus récents, avant toutefois que le Vieil Enchanteur ne soit devenu le bouc émissaire des pires vilénies, voici d'autres témoignages où Hans Sachs est souvent de la partie.

Lebkuchen

Assiettes

objets divers

Zinfigure

Les 3 chopes

cartes à jouer

Vignettes

Timbres allemands

timbres épreuves

Le choix définitif s'est porté sur l'expression musicale

100 jahre meisetrsinger

Comme il est habituel de dire : hier gilt's der Kunst 

(à propos : qui dit cela et quand ?)

 

carte Öse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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03 juin 2018

UNE JOURNEE D'EUPHORIE WAGNEROVINIQUE

la maison Chapoutier

 

 

Pour clore la saison des activités du Cercle Richard Wagner-Lyon (millésime 2017-2018), notre président avait organisé une journée, à la fois festive et éducative consacrée à l'oenologie, à Tain l'Hermitage dans la réputée maison Chapoutier. L'alibi wagnérien était l'excellent Saint-Péray mousseux que le Maître affectionnait et dont une récente cuvée chez Chapoutier a été nommée "La Muse de RW".

 

 

La perspective de ce programme avait attiré une cinquantaine de participants dont chacun reçut une jolie plaquette explicative sur "Wagner et le vin". Aux membres du Cercle s'étaient joints des adhérents de la Société Philharmonique et plusieurs wagnériens du Cercle d'Annecy. Ils n'ont pas été déçus : cette journée a été une complète réussite.

La salle des conférences

Les trois acteurs

 

 

 

 

 

 

 

Il faut dire qu'on n'avait pas lésiné sur les moyens. D'abord en convoquant pour la partie wagnéro-oenologique le grand expert mondialement reconnu, Henri Perrier, qui a satisfait la soif de connaissance de son auditoire par son exposé à la fois opulent et détendu. Chaleureusement applaudi, et complimenté pour son humour, le conférencier nous confiait : "ça me fait penser à Jésus après l'épisode de la multiplication des poissons : on lui aurait fait beaucoup de compliments sur la qualité de la dînette".

Un cadeau pour le conférencier

Puis vint la partie sérieuse, avec la séance de dégustation de vins, assurée par le sommelier Yannick Bainas qui nous a présenté avec maîtrise cinq échantillons généreusement servis des beaux produits de la maison M. Chapoutier provenant des deux rives du Rhône (Saint-Péray, Condrieu, Cornas, Saint Joseph et Hermitage).

Seance de dégustation 1

Séance de dégustation 2

 

 

 

 

 

 

De la belle salle de dégustation nous sommes passés dans la non moins belle salle à manger où nous dégustâmes un excellent déjeuner (les cuisiniers doivent être chaleureusement félicités car ce genre de repas est souvent cause de déception). Le sevice des plats et des vins (dont la Muse de RW en apéritif) était agrémenté par les interventions de la chanteuse Sandrine Duplat qui charma les convives en interprétant quelques morceaux favoris du répertoire (mais pas de Wagner !) parfois repris par un choeur plus intrépide qu'expérimenté.

La salle à manger

Sandrine Duplat 1

Sandrine Duplat 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le chemin du retour a dû être relativement éprouvant pour plus d'un, après la promenade dans les vignes, les achats de vins et de chocolats et un plein de bonne humeur et de convivialité.

Merci Pascal, merci Richard !

Et pendant ce temps-là, Laviewagnerienne recevait sa cinquante-millième visite !

Merci à tous ceux qui grappillent ou vendangent et dégustent sa production. N'hésitez pas à consulter les vieux millésimes : la plupart vieillissent très bien !!

 

fin

 

 

 

 

 

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