La vie wagnérienne

20 juin 2018

JOUR DE FÊTE

La fête de la musique sans doute la plus grandiose eut lieu le 21 juin 1868, jour de la création des Maîtres Chanteurs. Faveur suprême, le compositeur de l'ouvrage fut prié d'assister à la représentation dans la loge royale auprès du souverain. Il paraît que jamais tel honneur n'avait été accordé à un artiste. Il est vrai que ce n'était pas un artiste ordinaire et que le roi de Bavière n'était pas non plus un monarque "normal". Le Maître répondit à l'hommage enthousiaste du public en se levant pour le saluer.

Le dessin qui a immortalisé cet épisode a malheureusement les traits d'une caricature pas très sympathique. Nous avons essayé de lui donner un aspect plus attrayant.

Wagner au balcon colorisé

Quelques français étaient présents à cette Première : 

- Léon Leroy - Victorin Joncières - Edouard Schuré - Jules Pasdeloup - Paul Chandon - Pauline Viardot (avec Tourgueniev bien sûr).

Un fait relatif à cette création mérite particulièrement d'être souligné : c'est la jeunesse des principaux interprètes :

Franz Betz (Sachs), le futur Wotan de Bayreuth, avait 33 ans tout comme Franz Nachbaur (Walther). Quant à Eva, Mathilde Mallinger, elle était dans sa vingt-et-unième année !

Lorsque de nos jours, on voit des stars attendre la cinquantaine bien sonnée pour se lancer dans le répertoire wagnérien, on ne peut que s'interroger sur les raisons de cette évolution. Mais, en revanche, on ne peut guère s'étonner d'entendre dire par les jeunes d'aujourd'hui : "l'opéra ? mais c'est un truc pour les vieux !"

 

fin

 

 

 

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15 juin 2018

HIER GILT'S DER KUNST

 

Titre blog

Au milieu du battage assez peu créatif mis en place pour "fêter" les 150 ans de la mort de Rossini, le monde lyrico-médiatique ne fait pas grand cas du cent-cinquantième anniversaire de la première représentation des Maîtres Chanteurs (le 21 juin 1868 au Hoftheater de Munich) comme si l'insoutenable légèreté de la démonstration à Bayreuth de l'été dernier avait réglé la question de manière péremptoire.

Pour nous, il en va différemment et nous vous proposons d'honorer la circonstance à notre façon, plutôt enjouée tout en restant sérieuse mais sans néanmoins se prendre au sérieux. Dans ce but, nous vous invitons à la visite de certaines parties d'un "cabinet des curiosités" dédiées à cette oeuvre pour laquelle nombre de wagnériens ont un attachement particulier. Nous vous en avons précédemment présenté divers aspects : les illustrations de Franz Stassen, les chromos Liebig...

Commençons en revenant à quelques images publicitaires, car il fut un temps où les Maîtres Chanteurs étaient un opéra... populaire (vous avez bien lu !

images publicitaires

Les interprètes

 

Sans oublier les cartes postales "humoristiques" qui font les délices de trop rares amateurs

blagues Meistersinger

Toujours dans le même genre, mais souvent plus récents, avant toutefois que le Vieil Enchanteur ne soit devenu le bouc émissaire des pires vilénies, voici d'autres témoignages où Hans Sachs est souvent de la partie.

Lebkuchen

Assiettes

objets divers

Zinfigure

Les 3 chopes

cartes à jouer

Vignettes

Timbres allemands

timbres épreuves

Le choix définitif s'est porté sur l'expression musicale

100 jahre meisetrsinger

Comme il est habituel de dire : hier gilt's der Kunst 

(à propos : qui dit cela et quand ?)

 

carte Öse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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03 juin 2018

UNE JOURNEE D'EUPHORIE WAGNEROVINIQUE

la maison Chapoutier

 

 

Pour clore la saison des activités du Cercle Richard Wagner-Lyon (millésime 2017-2018), notre président avait organisé une journée, à la fois festive et éducative consacrée à l'oenologie, à Tain l'Hermitage dans la réputée maison Chapoutier. L'alibi wagnérien était l'excellent Saint-Péray mousseux que le Maître affectionnait et dont une récente cuvée chez Chapoutier a été nommée "La Muse de RW".

 

 

La perspective de ce programme avait attiré une cinquantaine de participants dont chacun reçut une jolie plaquette explicative sur "Wagner et le vin". Aux membres du Cercle s'étaient joints des adhérents de la Société Philharmonique et plusieurs wagnériens du Cercle d'Annecy. Ils n'ont pas été déçus : cette journée a été une complète réussite.

La salle des conférences

Les trois acteurs

 

 

 

 

 

 

 

Il faut dire qu'on n'avait pas lésiné sur les moyens. D'abord en convoquant pour la partie wagnéro-oenologique le grand expert mondialement reconnu, Henri Perrier, qui a satisfait la soif de connaissance de son auditoire par son exposé à la fois opulent et détendu. Chaleureusement applaudi, et complimenté pour son humour, le conférencier nous confiait : "ça me fait penser à Jésus après l'épisode de la multiplication des poissons : on lui aurait fait beaucoup de compliments sur la qualité de la dînette".

Un cadeau pour le conférencier

Puis vint la partie sérieuse, avec la séance de dégustation de vins, assurée par le sommelier Yannick Bainas qui nous a présenté avec maîtrise cinq échantillons généreusement servis des beaux produits de la maison M. Chapoutier provenant des deux rives du Rhône (Saint-Péray, Condrieu, Cornas, Saint Joseph et Hermitage).

Seance de dégustation 1

Séance de dégustation 2

 

 

 

 

 

 

De la belle salle de dégustation nous sommes passés dans la non moins belle salle à manger où nous dégustâmes un excellent déjeuner (les cuisiniers doivent être chaleureusement félicités car ce genre de repas est souvent cause de déception). Le sevice des plats et des vins (dont la Muse de RW en apéritif) était agrémenté par les interventions de la chanteuse Sandrine Duplat qui charma les convives en interprétant quelques morceaux favoris du répertoire (mais pas de Wagner !) parfois repris par un choeur plus intrépide qu'expérimenté.

La salle à manger

Sandrine Duplat 1

Sandrine Duplat 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le chemin du retour a dû être relativement éprouvant pour plus d'un, après la promenade dans les vignes, les achats de vins et de chocolats et un plein de bonne humeur et de convivialité.

Merci Pascal, merci Richard !

Et pendant ce temps-là, Laviewagnerienne recevait sa cinquante-millième visite !

Merci à tous ceux qui grappillent ou vendangent et dégustent sa production. N'hésitez pas à consulter les vieux millésimes : la plupart vieillissent très bien !!

 

fin

 

 

 

 

 

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23 mai 2018

FOIRE AUX VINS WAGNERIENS

Nous nous sommes aperçus que cette première partie de la série "Foire aux vins wagnériens" (septembre 2017) avait fortuitement disparue de notre répertoire. Nous la republions donc.

 

Septembre, l'été approche de sa fin, c'est le temps des vendanges et des foires aux vins. C'est donc le temps pour nous de vous présenter une foire aux vins un peu spéciale, car il n'y a rien à vendre mais beaucoup à voir pour les wagnériens. Vous n'apprendrez sans doute pas grand chose sur l'oeuvre du Maître, mais vous y trouverez, je l'espère, des idées pour réunir agréablement des amis (wagnériens !) autour d'une table où il y aura des verres et où vous pourrez parler longuement et plaisamment de qui ? de quoi ? je vous le demande !

colerette CRWL 

Commençons par les cas d'homonymie, Wagner étant un patronyme assez répandu, c'est donc le cas de vignerons ou propriétaires allemands, autrichiens, américains s'appelant Wagner, voire même Richard Wagner.

J'en profite pour vous informer une fois pour toute que bon nombre des documents ont été récoltés sur Internet, que d'autres proviennent de ma collection et que les coordonnées pour se procurer les vins ne sont pas bien précisées. Vous pourrez toujours me demander, cela permettra d'établir de meilleurs contacts, car si les visiteurs du blog sont nombreux, leurs commentaires et compliments le sont infiniment moins.

Les vins Wagner

Quelques exemples de ces vins Wagner :

Les vins Wagner bio 2

Les vins Wagner bio

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

weingut wagner

Les vins Wagner 4

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les vins Wagner 5 

Les vins Wagner 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les vins Wagner 3

  

Les vins Wagner italiens

 

Les références directes à Richard Wagner ou à des épisodes de sa vie sont plutôt rares sur les étiquettes et sont liées à des circonstances particulières. En voici quelques exemples pour combler la curiosité des initiés :

Portrait silhouette

 

Sekt Bayreuth

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publicité bordelaise

 

 

 

Vin les Quatre Soeurs

 

 

 

 

Vin Festival Wels

 

 

 

 

 

 

 

                  Pour l'orchestration de Lohengrin à Bordeaux, vous avez rectifié vous-mêmes !

Vin Mariafeld

 

Vin Pusinelli

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sekt RW

 

 

 

Ca Vendramin_modifié-1

 

 

 

 

Cette image de sekt Richard Wagner captée sur Internet est bien intéressante, malheureusement je n'ai pas pu en retrouver l'origine.

 

 

 

 

 

 

 

 On connaît l'attachement de Wagner pour les vins pétillants, le Champagne bien sûr (de son "ami Chandon"), le sekt Soehnlein et aussi le Saint-Péray qu'avait dû lui faire connaître Louis II. 

Comte Paul Chandon de Briailles

 

Panier champagne Chandon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Banquet 13 août 1876

Sekt Louis II

 

La muse de RW

 

 

 

A ce propos, je vais m'attarder sur un cas récemment apparu, qui est celui de la Muse de RW, un vin blanc mousseux de Saint-Péray, produit par la maison Chapoutier. Bizarrement, l'étiquette n'est pas très heureuse avec les initiales à l'envers. En outre la contre-étiquette est plutôt désobligeante avec l'inévitable affirmation que Wagner n'aurait pas réglé sa facture sans apporter la moindre preuve, d'autant que Chapoutier n'était pas le fournisseur de Wagner. Il est fait référence à une lettre que je connais bien et que la Maison Chapoutier serait bien en peine de produire. En somme, il y aurait comme qui dirait un coincement dans les bulles !

 

 

Etiquette muse 1

 

 

 

   

 

 

Etiquette 2 Muse RW

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre message se termine par ces allusions à des figures féminines chéries : Minna, Mathilde et Cosima. 

Les femmes

La foire aux vins wagnériens se poursuivra bientôt avec des bouteilles et étiquettes faisant référence aux opéras du Maître.

prost kosel

 

 

 

 

 

 

 

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21 mai 2018

EVOCATIONS D'UN JOUR GLORIEUX

Comme bien des Allemands, Wagner attachait beaucoup d'importance à la célébration de son jour de naissance. La plus mémorable de ces fêtes est celle de 1872 : Richard avait 59 ans au moment des cérémonies marquant la pose de la première pierre du Festspielhaus. Le récit en est suffisamment connu pour que nous n'y revenions pas. Je vous propose plutôt de nous intéresser à trois anniversaires, séparés chacun de vingt ans : 1833, 1853 et 1873.

En 1833, Richard a mis un terme à sa vie d'étudiant et s'est engagé dans la vie professionnelle avec un modeste poste de chef des choeurs au théâtre de Würzburg. Comment fêta-t-il son anniversaire ? Sans doute assez banalement en passant la soirée avec des collègues et amis(es) dans quelque(s) guinguette(s). Mais sa journée avait aussi été studieuse comme en témoigne le manuscrit de l'esquisse de composition du premier acte des Fées où l'on peut lire : "Aujourd'hui 22 mai 1833, j'ai eu vingt ans". 

partition fées 1

En 1853, à Zurich, les 18, 20 et 22 mai, trois grands concerts furent organisés en son honneur, constitués exclusivement de ses oeuvres et dirigés par lui. Il est alors devenu évident que Wagner se présente comme le grand compositeur allemand en matière d'opéras, même si ses oeuvres, en raison de leur richesse et de leur complexité, se prêtent mal au succès facile et à la gloire immédiate. Après des années d'errance, il a connu la vie stable de musicien de Cour à Dresde, à son tour anéantie pour cause d'engagement révolutionnaire. Ces trois concerts zurichois remportèrent un immense succès de prestige ; ce fut le premier des "Festivals Wagner" (qu'avait toutefois précédé la "Semaine Wagner" de Franz Liszt qui avait monté les trois opéras romantiques à Weimar). Le bilan artistique des vingt années écoulées est lourd de trésors : Rienzi, le Hollandais, Tannhäuser, Lohengrin, suivis d'une césure musicale d'où sont sortis les écrits sur la réforme du théâtre lyrique et tout le poème du Ring. A l'issue des concerts, Wagner remercia les organisateurs, les bienfaiteurs et les amis en leur adressant un feuillet-souvenir, un autographe lithographié, rappelant les oeuvres jouées.

autographe Zurich

Le 22 mai 1873, les travaux de construction du Festspielhaus sont en cours mais ils ne doivent pas aller trop vite car la partition du Crépuscule des dieux n'est pas encore terminée. Une grande fête est organisée à l'Opéra des Margraves avec un programme ad oc dont voici le contenu :

Fest-Vorstellung 2

Le jour même, Wagner n'a peut-être pas pris le temps de jeter un regard sur les vingt années écoulées depuis le premier festival zurichois. On peut le faire à sa place : toute la musique du Ring, Tristan, Les Maîtres et l'idéal de Bayreuth qui se concrétise... mais aussi l'amitié et le soutien d'un roi extraordinaire, l'amour d'une femme non moins extraordinaire qui lui a donné trois enfants.

Ce même 22 mai 1873, un autre événement d'importance eut lieu à Leipzig : la pose d'une plaque commémorative sur la maison natale de Wagner, signe de reconnaissance des citoyens leipzigois devenus fiers du plus illustre des enfants de la ville.

Maison natale

Malheureusement la maison en mauvais état a été démolie au cours d'une opération d'urbanisation en 1886. Depuis, les circonstances ont donné lieu à plusieurs opérations similaires sur le même lieu ! Mais actuellement, on peut admirer une magnifique plaque sur la façade du centre commercial "Höfe am Brühl". Pour le 22 mai, des membres du Cercle Wagner de Leipzig se rassemblent devant cette plaque, ils jouent un peu de musique et tiennent un petit discours. Les passants et les promeneurs s'arrêtent un instant pour les écouter distraitement. L'attroupement ressemble un peu à ceux de l'Armée du Salut qui bat le pavé et le rappel à l'approche des fêtes de Noël. Mais après tout, quoi de plus naturel, car le 22 mai, pour les wagnériens, c'est un peu leur 25 décembre à eux !

"Freudig zeuget aller Welt von eures Heilands Wunder !"

 

 

 

 

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29 avril 2018

UNE CONFERENCE ECLAIRANTE

Le Cercle Richard Wagner-Lyon avait invité en ce samedi 28 avril, le musicologue Nicolas Dufetel pour une conférence sur "Parsifal, opéra de lumières".

Nicolas Dufetel_modifié-1

Déjà bien connu et apprécié de notre Cercle, Jeune, sympathique et excellent orateur, Nicolas Dufetel n'a pu évidemment s'empêcher de commencer par une longue introduction sur Franz Liszt, qui a été longtemps et reste encore, l'objet de ses travaux. Liszt dont les liens personnels avec Wagner ne sont pas à rappeler, mais dans l'oeuvre duquel Richard, sous forme d'emprunts en petites touches, a puisé bien des innovations. Liszt, c'est aussi celui qui fit représenter pour la première fois Lohengrin, en août 1850. Véritable exploit que la création de cette oeuvre, quinze mois après le mandat d'arrêt lancé contre son auteur, exilé, banni des pays allemands, et considéré comme "individu particulièrement dangereux".

Avec des considérations musicologiques savantes et restées quelque peu obscures pour nombre d'auditeurs, dont nous-mêmes, le conférencier s'est attaché à préciser la ou les manières dont un compositeur obtient l'effet d'une clarté irradiante, éthérée, émanant d'un objet, d'un paysage ou d'un personnage, impression que rend admirablement le prélude de Lohengrin.

Dans Parsifal, la lumière, envisagée également dans son aspect technique sur le spectacle théâtral, intervient sous une forme qui doit être ressentie comme miraculeuse dans les deux scènes où elle descend sur le Graal.

Force est, lorsqu'on parle de cela, de se référer à des images bien anciennes, peintures de plus d'un siècle ou mises en scène de plus de quarante ans ! Merci à Nicolas de nous avoir passé un extrait du beau spectacle de Bayreuth mis en scène par Wolfgang Wagner.

Le conférencier nous a parlé avec enthousiasme, sincérité, animé par une évidente aspiration vers le "sublime". Mais on ne pouvait alors parfois empêcher notre esprit de retourner vers un monde bien plus ordinaire, celui par exemple où le mot "Gral" a pris une acception détestable. D'abord il faut obligatoirement l'avoir "décroché" pour signifier qu'on a gagné un concours de pétanque, pêché un silure gigantesque, ou passé le bac sans avoir eu recours à la séance de rattrapage.

Nicolas Dufetel, très applaudi, s'est ensuite prêté avec habileté au jeu des questions, certaines parfois insolites, en évitant soigneusement celles qui auraient pu heurter de toujours sensibles opinions religieuses. Le président Pascal Bouteldja, au nom de l'assistance, l'a chaleureusement remercié pour sa brillante prestation.

Graal Bayreuth

Le Gral des représentations à Bayreuth en 1882 avec ampoule et fil électrique

 

Dans la matinée, malheureusement en notre absence bien involontaire, Nicolas Crapanne a présenté sa série de vidéos d'interwiev de chanteurs wagnériens pour lesquels il avait obtenu l'aide précieuse de l'éminent spécialiste de Wagner et de l'art vocal, André Tubeuf. Son travail a été très apprécié et notre Cercle peut être heureux et fier de compter en Nicolas Crapanne, un adhérent aussi entreprenant, actif et talentueux.

 

 

 

 

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05 avril 2018

PÂQUES WAGNERIENNES EN SAXE

Aussi éloigné qu'il soit de la foi religieuse, le wagnérien se sent invariablement saisi, ne serait-ce qu'un court instant, d'un éclair d'émotion sacrée à chaque Vendredi Saint. Et cela devient plus profond et plus sérieux les jours où il est possible d'assister à une représentation de Parsifal. C'est ce que nous avions choisi de vivre en nous rendant à Leipzig en ce 30 mars.

On y donnait l'oeuvre dans la mise en scène bien ancienne de Roland Aeschlimann, déjà vue sur d'autres scènes. Sa prétention symboliste orientalisante est le plus souvent superflue, le costume du chaste fol avec son pantalon bouffant est carrément ridicule, mais de ses éclairages magnifiques se dégage un charme esthétique très prenant. L'orchestre du Gewandhaus conduit par Anthony Bramall est à la hauteur et l'ensemble des solistes fait preuve de ferveur et de conviction : Tuomas Pursio, Amfortas - Rúni Brattaberg, Gurnemanz - Kathrin Göring, Kundry : c'est la troupe de Leipzig qui est en représentation. Peu de théâtres sont à même d'atteindre un tel niveau. 

La guest star, c'est le grand Stefan Vinke qui nous a semblé un peu fatigué, en tout cas assez loin de la formidable vaillance et de l'admirable phrasé qu'on lui connaît : attention au surmenage !

Kundry et Amfortas

 

Parsifal

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais l'envoûtante beauté, l'exquise simplicité, la fraîche poésie de l'Enchantement du Vendredi Saint, cette impression de libération, de rédemption que l'on ressent, c'est ça le miracle wagnérien !

 

 

Alles was ist endet...

Tout ce qui est doit finir, les mots d'Erda à la fin de l'Or du Rhin produit par l'Opéra de Chemnitz (samedi 31 mars) ont rarement résonné pour nous de manière aussi sinistre et glaçante.

Wagner et son oeuvre sont devenus trop vieux, réduits à la condition de pensionnaires dans ces sortes d'EPAD que sont devenus les théâtres lyriques avec tout ce que la comparaison peut avoir de dégradant : personnel humiliant et lui-même humilié, hygiène rudimentaire, brutalité, routine. La nourriture est assurée (c'est-à-dire la musique) mais grossièrement servie et sans saveur. On est pris de pitié pour les pauvres interprètes réduits au rang d'esclaves ou de mercenaires qui jouent devant un public abêti où certains sont sans doute heureux de voir que la vulgaire Fricka n'est pas plus détestable que leur propre épouse, que Wotan qui fait des selfies et vapote ressemble à s'y méprendre à leur beau-frère. C'était prévu, pauvre public gavé de progrès technique, de publicité et de téléréalité : ce que tu dois voir tu le mérites bien et tu es tellement conditionné que ça te fait plaisir.

Souvent au cours d'un spectacle wagnérien, l'émotion vient vous prendre, les yeux piquent, les larmes coulent. Ce soir, c'était des larmes de dépit devant la profanation imbécile d'une oeuvre grandiose et surtout devant l'accueil final enthousiaste d'un public visiblement ravi de cette communion dans la dérision et l'abjection.

 

 

Après l'ignominie de la veille, le "Festival" ne pouvait offrir autre chose en ce dimanche de Pâques qu'une sorte de renaissance. Elle a bien eu lieu avec la reprise d'un beau Tannhäuser entraîné par un trio de chanteurs de premier ordre. La soprano Brit-Tone Müllertz assurait les deux rôles : son timbre chaleureux et puissant convenant parfaitement à Elisabeth mais étant mis quelque peu à l'épreuve dans les passages plus graves de Venus. Le bulgare Martin Iliev est un Tannhäuser enflammé qui, selon l'habitude, a jugé prudent de se ménager dans l'éprouvant ensemble de la fin du deuxième acte pour donner toute sa mesure dans le grand récit du trois. Enfin belle révélation avec le Wolfram du jeune Andreas Beinhauer, encore perfectible mais déjà admirable de justesse  et de sincérité.

Tannhäuser_modifié-1

Gerrit Priessnitz Venus et Wolfram

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Wolfram et les choeurs

 

 

 

 

 

 

 

 

Que dire encore si ce n'est qu'une mise en scène adéquate, sans prétention ni extravagance, reste la meilleure façon de faire profiter le spectateur des beautés et de la richesse constante de la musique. Certes la scène du Venusberg est loin d'être du meilleur Wagner, mais tout le reste est un défilé ininterrompu de trésors de poésie, de charme et d'émotion.

On ne peut que s'interroger, non sans quelques regrets, sur l'extraordinaire sollicitude de la fée qui s'est penchée sur le génie de Richard Wagner à l'époque où il écrivait Tannhäuser et Lohengrin, les deux admirables chefs-d'oeuvre de l'opéra romantique allemand, et que cette fée ait tout donné à un seul, sans s'intéresser à d'autres compositeurs allemands de l'époque dont le talent n'était pourtant pas mince. Cela aurait pu enrichir un répertoire, ne pas le laisser reposer sur un seul auteur et éviter aux wagnériens d'être reconnus comme "exclusifs" voire "sectaires" pour le seul motif qu'ils préfèrent ce qu'il y a de plus beau.

 

La Walkyrie ou le négationnisme des accessoires.

Les nouvelles productions du Ring se multiplient en Allemagne et une nouvelle tendance est de faire appel à quatre metteurs ou metteuses en scène différents. C'est en apparence assez pratique car on peut toujours espérer que l'un sera plus adroit que l'autre et surtout cela efface tout problème de cohérence entre les différentes journées.

A Chemnitz, après les immondices du Rheingold, nous avons eu droit à une Walkyrie plus sobre mais guère plus intelligente. L'idée dominante de la réalisatrice étant de supprimer tous les "accessoires" c'es-à-dire pas d'arbre, pas d'épée, pas de lance et même pas de feu. C'est vrai, il faut oser, il faut avoir peur de rien (bien sûr cela rappelle la citation de Michel Audiard !). La dame a préféré concentrer son attention sur les crinolines, les justaucorps, les cuirasses et autres bombes de cavalières : ça c'est du structuré !

Le décor plus ou moins unique et délicatement choisi représente une salle voûtée, façon Ratskeller, mal éclairée. Dans cette ambiance on est evidemment transporté dans des abîmes de réflexion et la musique s'égrène monotone.

Quelques bons interprètes cependant : la Sieglinde de Christiane Kohl, la Brünnhilde de Dara Hobbs et surtout l'excellent Wotan d'Aris Argiris.

Sieglinde Siegmund

Wotan Brünnhilde

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le bilan de ces trois jours à Chemnitz est plutôt morose : Il y avait bien des places inoccupées, surtout pour Tannhäuser malgré la distribution, paraît-il, de billets de faveur. Le meilleur succès a été obtenu par l'Or du Rhin ce qui pose nécessairement la question de la qualité du public qui devrait être éduqué plus sérieusement que par la lecture d'articles de journaux d'une écoeurante flagornerie. La compétence des critiques n'est pas en cause, mais on peut s'interroger sur leur sincérité et leur sens des responsabilités qui seraient certainement beaucoup plus francs et aigus s'ils se trouvaient dans l'obligation de payer leurs places et de renoncer à quelques dérisoires privilèges. Mais alors, dans ce cas, il se pourrait bien que la fonction de critique pour les spectacles d'opéras cesse tout bonnement d'exister.

 

fin

 

 

 

 

 

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18 mars 2018

WAGNER ET SES PHILOSOPHES

Grande journée philo en ce samedi 17 mars pour le Cercle Richard Wagner-Lyon qui avait invité le grand spécialiste nietzschéen Dorian Astor pour deux conférences à la Bibliothèque Municipale de la Part-Dieu.

Dès le matin, un nombreux public s'était rassemblé pour écouter Dorian Astor traiter des rapports entre Wagner et Schopenhauer sous le titre "Volonté de néant". Partant du principe que son auditoire connaissait bien mieux Wagner que Schopenhauer, notre orateur a dressé un tableau synthétique de la pensée schopenhauérienne avec une maîtrise et une clarté très remarquable. Il s'est moins étendu sur la portée réelle de son influence au sein de l'oeuvre de Wagner. Certes le renoncement d'abord amer de Wotan (dans la Walkyrie), puis résigné et serein (dans Siegfried) a permis à Wagner de préserver la grandeur tragique de son drame mythique sans toutefois pouvoir éviter les extravagantes péripéties de la dernière journée. Et même dans Tristan, où l'échappée dans la mort est omniprésente, l'intensité du sentiment amoureux reste impérieuse et inassouvie. Si l'influence est évidente, ce n'est en rien une soumission et heureusement Wagner reste toujours, et supérieurement, un artiste.

L'assistance

Dorian Astor

 

 

 

 

 

 

 

L'après-midi, sur un thème apparemment voisin, il s'agissait pour le conférencier d'exposer les rapports entre Nietzsche et Wagner sous le titre "Amitié d'astres". D'amitié réelle, au sens d'une intimité chaleureuse, il ne fut guère question, mais surtout de la confrontation de l'intelligence prodigieuse et intransigeante d'un penseur visionnaire avec le génie immense d'un musicien poète, artiste protéiforme doué d'une détermination et d'une lucidité inébranlables. Si on ajoute à cela une différence d'âge de trente ans, des tempéraments et des aptitudes physiques opposés, on peut comprendre que les affinités intellectuelles les plus profondes se heurteraient inévitablement dans le quotidien au point d'engendrer les ressentiments et les méchancetés.

On est resté quelque peu interloqué par l'évocation que le conférencier a faite de la "longue" période d'incertitude voire d'échec, des quatre ans séparant la pose de la première pierre du Festspielhaus des premières représentations du Ring. Alors qu'il avait fallu, pendant ce temps si court, construire un théâtre modèle inédit, terminer la partition et son orchestration, faire copier toutes les parties d'orchestre de l'oeuvre gigantesque tout en recrutant des instrumentistes de première force, choisir et former des chanteurs interprètes de rôles écrasants, concevoir et réaliser les décors et costumes, faire apprendre et répéter l'oeuvre jouée pour la première fois, tout en assurant accessoirement l'intendance pour accueillir convenablement les spectateurs.

Quant au reniement nietzschéen explosant au sujet de Parsifal, il a trouvé une bien humiliante punition dans une audition plus ou moins problématique du seul Prélude à Monte-Carlo (!) bien des années après les triomphes répétés de l'oeuvre à Bayreuth.

Il y a des rendez-vous manqués qu'on ne déplorera jamais assez tant les espérances avaient été grandes.

Cela n'a bien sûr rien enlevé au succès de cette journée d'étude et à la qualité de la performance du conférencier qui a été récompensé par l'écoute attentive de l'assistance et ses chaleureux applaudissements.

Après ces très sérieuses considérations, il nous semble opportun de conclure sur une note loufoque en reproduisant ces trois caricatures de Loriot dont le message global pourrait être : "Quoi qu'il arrive, gardons la patate !"

Dessins de Loriot

 

 

 

 

 

 

 

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01 mars 2018

CONCERT WAGNER-LISZT

Pour des raisons personnelles dues à la santé, ous ne sommes pas en mesure de vous faire un long compte rendu du très beau concert organisé par le Cercle Richard Wagner et le Goethe-Institut qui nous a permis de découvrir un pianiste sympathique et talentueux Alain Jacquon.

Pour ne pas trop vous décevoir cependant, voici quelques photos.

l'assistance

L'assistance très nombreuse

Alain Jacquon 1

Alain Jacquon 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J

Joachim Umlauf, Pascal Bouteldja et Alain Jacquon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13 février 2018

FÊTE WAGNERIENNE A TOULOUSE

programme Capitole

Le Cercle Richard Wagner de Toulouse, animé par Annie Lasbistes, avait vu les choses en grand pour fêter ses vingt-cinq ans d'existence, aidé en cela par le Théâtre du Capitole qui programmait une reprise de la Walkyrie. La réussite de ces journées a été complète. Nous avons personnellement pris part au dîner de gala qui réunissait des membres de la plupart des Cercles Wagner français, les plus motivés en tout cas par cet esprit de cohésion qui réunit nos associations de façon fort sympathique. S'y étaient joints des genevois et naturellement la cohorte leipzigoise cornaquée par notre infatigable ami Thomas Krakow. On a noté également la présence d'invités d'honneur en la personne d'Eva Wagner-Pasquier et de Horst Eggers, le président du RWVI au demeurant plus figé que charismatique.

Le dimanche a été marqué par une belle et grande représentation de la Walkyrie, emmenée par un chef d'orchestre merveilleux d'enthousiasme et de générosité, Claus Peter Flor. L'orchestre du Capitole a répondu avec ardeur et talent à ses injonctions passionnées. Tous les solistes étaient de premier ordre. Michael König, brillant Siegmund vocalement mais dont l'embonpoint était regrettablement accentué par le port d'un pourpoint ridicule ; Daniela Sindram, Sieglinde émouvante et de grande élégance ; Dimitri Ivashchenko, Hunding sonore comme il se doit ; Elena Zhidkova, Fricka frêle, juvénile et néanmoins impérieuse. Enfin le père et la fille, incarnés par deux artistes de très grand mérite sur lesquels on peut cependant émettre des réserves mais qui ne sont pas des reproches. Anna Smirnova, faisait apparemment ses débuts dans la catégorie "hochdramatisch" après déjà une belle carrière dans des emplois plus graves. Sa voix est certes percutante, généreuse mais sans atteindre la souveraineté qu'ont donnée à ce rôle maintes de ses glorieuses devancières. Tomasz Konieczny est un grand habitué des emplois de baryton-basse wagnériens. Autant par son timbre que par son émission mordante, on l'imagine davantage dans des rôles tels qu'Alberich, Kurwenal ou Telramund (qu'il interprétera cet été à Bayreuth) mais il lui manque cette grande ampleur lyrique indispensable pour incarner Wotan. Il en est de même pour son jeu théâtral où le dieu se voit partiellement réduit à la dimension d'un combinard cupide. Il suffit d'écouter la musique pour se convaincre de la noblesse (certes inquiète et pitoyable) du personnage et pour ne pas se laisser gagner par un grand mal de notre époque qui pourrait s'appeler tout simplement la confusion des valeurs. On peut regretter aussi cette confusion dans la prestation des walkyries, excellentes vocalement, mais réduites à un rôle dérisoire de croque-morts. Cela participe bien sûr d'une volonté affichée de la mise en scène, certes datée, mais malheureusement pas obsolète puisqu'elle fait encore école (irrémédiablement primaire !)

Siegmund Sieglinde et Hunding

Michael König,Siegmund - Daniela Sindram, Sieglinde - Dimitry Ivashchenko, Hunding

Sieglinde Claus Peter Flor Brünnhilde et Wotan

Daniela Sindram, Sieglinde - Claus Peter Flor - Anna Smirnova, Brünnhilde - Tomasz Konieczny, Wotan

La soirée s'est ensuite prolongée par un cocktail en présence des artistes dans une ambiance très agréable et dont les délices nous ont apaisés et réconfortés des émotions procurées par ce spectacle magnifique. Naturellement il faut en remercier les organisateurs, les dirigeants du Cercle toulousain qui se sont dépensés sans compter leur peine. Ils en ont été récompensés par le succès, qu'ils le soient aussi par nos remerciements.

T Krakow 2

Elena Zhidkova et Thomas Krakow

Et comment oublier (en ce 13 février) celui qui a écrit cette oeuvre qui se situe bien au-delà de tous les qualificatifs. C'était il y a plus de cent-cinquante ans, et cela reste un sommet éblouissant.

 

Richard Wagner

 

 

 

Posté par walsungen à 13:04 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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