La vie wagnérienne

26 avril 2017

WAGNER, LUTHER ET LA RELIGION

Fidèle à sa mission d'approfondissement et d'élargissement de la connaissance de l'univers wagnérien qu'on limite trop souvent de nos jours à des considérations oiseuses sur les exentricités et les manipulations des mises en scène, le Cercle Richard Wagner-Lyon, en partenariat avec le Goethe-Institut, nous conviait mardi soir à une conférence de l'universitaire parisien Gilles Demonet sur Wagner et Luther dans le cadre du jubilé des 500 ans de la Réforme. 

Luther de Matthias Hörl

Wagner de Matthias Hörl

Gilles Demonet

Le conférencier, très clair, didactique et passionné par son sujet, s'est livré à une investigation minutieuse des documents autobiographiques à la recherche de références sur l'intérêt et l'attachement de Wagner pour Luther et l'influence de ce dernier sur la pensée, voire l'oeuvre du musicien-poète.

Luther était un esprit aux talents et compétences multiples : théologien, moraliste, polémiste, linguiste mais aussi musicien, auteur de nombreux chorals dont le fameux "Ein Fest Burg ist unser Gott" repris par Wagner dans sa pompeuse Kaisermarsch. L'hommage de Richard au grand réformateur se retrouve aussi dans les Maîtres Chanteurs avec l'émouvant choeur d'entrée, hymne à Jean-Baptiste et le grandiose "Wach auf" de la Festwiese. Dans une période de graves difficultés d'ordre affectif, Richard conçut même le projet d'une comédie qui se serait intitulée : "Les Noces de Luther".

nachtigall

 

luther

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

wach auf

Admiration profonde donc, respect et affection de Wagner pour Luther, un "grand allemand" dont il pensait être l'héritier, sans pour autant afficher des idées bien claires et constantes dans le domaine de la foi religieuse.

L'auditoire a réservé un accueil très chaleureux à Gilles Demonet, dont il a apprécié l'ampleur et la qualité du travail jointes à une objectivité que n'altérait pas son évidente sympathie pour les deux personnages en question. Les conversations se sont poursuivies autour du verre de l'amitié offert par le Goethe-Institut et son directeur Joachim Umlauf, visiblement satisfait ainsi que le président Bouteldja de la collaboration qu'ils ont établie entre leurs deux organisations.

Les trois autorités

 

 

 

 

 

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21 avril 2017

ON RENCONTRE TOUJOURS WAGNER SUR NOTRE ROUTE

Le voyage en voiture pour rejoindre Chemnitz nous a donné une fois de plus l'occasion d'agrémenter notre parcours de quelques stations de pélerinage.

La première était Karlsruhe pour assister à une représentation de l'opéra "Wahnfried" dont la création avait eu lieu le 28 janvier de cette année. C'est une oeuvre de commande du genre "Opéra politique". La musique est due au compositeur Avner Dorman dans le genre actuel, consensuel, clinquant et banal. Le libretto est l'oeuvre d'un couple de théâtreux à la plume aussi légère qu'un marteau pilon. L'objectif affiché est de discréditer complètement la famille Wagner assumant de manière abusive l'héritage de Richard et bâtissant méthodiquement le nid où serait couvé l'oeuf monstrueux du nazisme. Le personnage principal est le repoussant et minable Houston Stewart Chamberlain, entouré de la vieille sorcière Cosima et du malheureux Siegfried, homosexuel inadapté et médiocre (joué par un contre-ténor !). C'est de la caricature à gros traits exclusivement à charge et sans nuances, avec son inévitable pendant de discrimination positive puisque le seul personnage sympathique de la pièce est le chef d'orchestre Hermann Levi. Il y a aussi le génie (dämon) de Wagner, subtilement costumé en clown (la mise en scène est de Keith Warner dont on connaît la finesse façon hippopotame). Mais réduire Siegfried au rang de minus est tout de même un peu juste et même incongru si on considère qu'il avait lui-même écrit (texte et musique) une quinzaine d'opéras alors que les auteurs de "Wahnfried" se sont mis à trois pour pondre cette méchante pantalonnade.

Cosima et Hermann Levi

 

 

Winifred Hitler et Siegfried

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dâmon Chamberlain et Cosima

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Wahnfried

Enfin, le public avait l'air satisfait et le Richard Wagner Verband de Karlsruhe avait cautionné l'entreprise, ce qui en dit long sur certaines idées aussi tenaces que courtes. Évidemment on avait profité de la création de l'ouvrage pour donner le nom d'Hermann Levi à l'esplanade devant le théâtre. De quoi se donner bonne conscience...

Place Levi

 

 

A Wurzbourg, nous en avons profité pour photographier un lieu wagnérien que nous ne connaissions pas encore : le local "Letzte Hieb" (ce qui signifie dernier coup) et qui est aujourd'hui un estaminet turc (Rottendorfer Str. 29). L'environnement a bien changé depuis le temps où Richard le fréquentait dans l'année de ses vingt ans ainsi qu'il l'a relaté dans son autobiographie : "Nous nous donnions presque tous les soirs rendez-vous au "Letzte Hieb", brasserie située dans un jardin sur une riante colline. Je m'y livrais à une turbulence souvent effrénée, mais aussi à des transports d'exaltation". Rappelons que Wagner habitait en ville (Kapuzinerstr. 7 - plaque commémorative) dans la maison de son frère Albert. C'est ici qu'il écrivit les Fées.

Letzte Hieb

Letzte Hieb 2

 

Plaque Wurzbourg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rien de nouveau à Bayreuth. La façade restaurée du Festpielhaus resplendit derrière un magnifique massif printanier et la tombe du Maître recueille inépuisablement l'hommage de ses fidèles.

Festspielhaus

tombe de Richard Wagner

 

A Chemnitz, nous avons déniché la plaque apposée par le Richard Wagner Verband local sur la maison où Wagner trouva refuge (dans la nuit du 7 au 8 mai 1849) au début de sa fuite de Dresde, chez sa soeur et son beau-frère, Klara et Heinrich Wolfram. Elle se trouve au nord de la ville sur le terrain de l'ancienne fabrique de métiers à tisser Schönherr (Schönherr Str.8, bâtiment 5)

Maison de la soeur de Wagner

 

 

plaque commémorative à Chemnitz

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un petit crochet à Leipzig nous a permis de voir la pierre tombale en souvenir de Friedrich Wagner dans l'ancien cimetière (Johannis Friedhof). Le Cercle Wagner de Leipzig a pu localiser l'emplacement d'origine et y a fait placer ce sobre et émouvant souvenir qu'il faut savoir trouver à quelque distance du monument à la mère et à la soeur de Richard.

Tombe de la soeur et de la mère de Wagner

Plaque pour le père de Wagner

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Évidemment nous avons apporté notre salut à l'ami Thomas Krakow et l'avons photographié devant la vitrine du bureau-boutique dont le Richard Wagner Verband-Leipzig a l'opportunité de disposer dans la Nikolaïstrasse.

Thomas Krakow

 

 

 

 

fin

 

TRILOGIE WAGNERIENNE A CHEMNITZ

Pour ses Wagner Festtage en la semaine sainte, l'Opéra de Chemnitz proposait trois opéras : Parsifal, Tannhäuser et les Maîtres Chanteurs.

Opéra de Chemnitz

Allez écouter Parsifal le jour du Vendredi-Saint donne à la représentation un caractère solennel et un éclat tout particulier. Et quand la représentation est magnifique, comme ce fut le cas, alors c'est vraiment un événement exceptionnel. Nous avons assisté à un très beau spectacle, intelligent, avec une distribution homogène et de grande qualité. Le premier acte parut quelque peu banal car trop axé sur le côté clérical. Amfortas, qui n'était d'ailleurs pas un bon acteur, mais heureusement c'était le seul, était habillé d'un costume de pape qui le rendait gauche et lourd. Le deuxième acte fut éblouissant. Si le Klingsor de Horst Lamnek put paraître légèrement insuffisant vocalement, Victor Antipenko, un jeune russe au physique fort avenant, interpréta un Parsifal remarquable avec une belle voix forte, presque encore un peu indomptée mais d'une vaillance extraordinaire. Avec lui, nous avions la Kundry de Morenike Fadayomi, aussi merveilleuse actrice que chanteuse et leur duo fut exceptionnel de force, de naturel et de vérité. La mise en scène du début du deuxième acte, très originale et esthétique, montrait Klingsor debout sur un immense grimoire d'où il invoquait et appelait Kundry. Tout à coup une page du livre s'entrouve et Kundry s'en extirpe comme une larve dans une robe faite d'une page de ce livre. Une très belle scène.

Le troisième acte fut dépouillé et sobre, avec un Gurnemanz très à la hauteur de son rôle (Sami Luttinen) et un Parsifal toujours en grande condition. Un vrai grand et beau spectacle et cette opinion fut partagée par nos amis toulousains que nous avons rencontrés à ces belles représentations.

Filles fleurs

Parsifal acte II

                     Les Filles-Fleurs

Gurnemanz

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Gurnemanz 

Klingsor Parsifal et Kundry 

                                                     Klingsor, Parsifal et Kundry

des français à Chemnitz

Les Français à Chemnitz !

 

La deuxième oeuvre était Tannhäuser et là non plus nous ne fûmes pas déçus. Quel beau spectacle et quels chanteurs ! 

D'abord, la même artiste, Brit-Tone Müllertz, interpréta les deux rôles de Vénus et Elisabeth ; elle fut aussi merveilleuse dans l'un que dans l'autre. Dotée d'une belle voix ample et puissante, elle incarna tour à tour une Vénus éclatante puis une Elisabeth énergique ou humble et sa prière fut d'une douceur et d'une intensité rarement égalée. A côté d'elle, nous avions le Tannhäuser tout à fait impressionnant de Martin Iliev qui nous a fait une belle démonstration de ce que devrait être un vrai chanteur habité par son rôle et qui se donne à fond sans retenue. Bel artiste au visage tourmenté, il incarnait un Tannhäuser habité par le doute et les contradictions et il nous fit vivre des grands moments de théâtre et de beau chant. Tous les autres chanteurs étaient également de bon niveau : le jeune Landgrave de Magnus Piontek manqua un peu d'aisance dans l'aigu et le Wolfram de Oddur Jonsson, au timbre un peu rude, fit cependant un excellent troisième acte et sa romance à l'étoile était empreinte de toute la poésie requise. En résumé, chacun était pleinement investi dans son rôle, dans une mise en scène ne cherchant ni à choquer ni à transformer l'oeuvre, un décor tout à la fois moderne mais véridique et des costumes sans extravagance. On était loin du Tannhäuser de Monte-Carlo, abêti et dégénéré, qui ne dégageait aucune force. Ici, on se laissait emporter par des artistes qui vivent ce qu'ils chantent et qui nous entraînent avec eux...

Décor de Tannhäuser

Venus et Tannhäuser

Tannhäuser 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                               Tannhäuser de Martin Iliev

 

     Venus et  Tannhäuser

 

Wolfram Venus et Tannhäuser 

Wolfram, Venus et Tannhäuser

Il faut aussi parler de l'orchestre de très bon niveau, dirigé pour ces deux ouvrages par le chef Felix Bender qui mena son ensemble de main de maître et fut très ovationné par le public. Seul petit bémol, du moins pour nous, c'est la lenteur parfois excessive qu'il donnait à certains passages ce qui n'était pas forcément avantageux pour les chanteurs. Quant aux choeurs, leur effectif n'est certes pas celui d'une grande scène mais ils se sont comportés très honorablement et les ensembles, notamment dans Tannhäuser, étaient très réussis.

Le chef d'orchestre 

Le chef Felix Bender

Enfin le dernier ouvrage était les Maîtres Chanteurs mais là, ce fut plutôt une déception par la seule faute de l'interprète du rôle de Hans Sachs. Le personnage du cordonnier était chanté par le même artiste qui faisait Amfortas dans Parsifal (Jacek Strauch). En dépit d'une vaillance vocale rare, trop âgé et blanchi, il était surtout un mauvais acteur, se déplaçant sans aucune aisance et ne quittant pas le chef des yeux. Cela a suffi à détruire la crédibilité du spectacle même si presque tous les autres protagonistes étaient bons. En effet, il y avait une excellente Eva (Maraike Schröter) à la voix très claire correspondant vraiment au rôle et un magnifique Beckmesser (Martin Kronthaler), drôle, très bon acteur et bon chanteur. Les Maîtres étaient tous à la hauteur de leur rôle sauf peut-être Pogner (Magnus Piontek) qui était légèrement insuffisant. Le Walther de Wolfgang Schwaninger n'était ni très jeune ni très beau mais il chantait ! Seul David, lui aussi trop vieux, était très insuffisant. Tout aurait donc pu fonctionner et le spectacle aurait pu être de qualité, mais un mauvais Sachs ça ne pardonne pas ! Je ne dis pas que la soirée fut totalement gâchée, il y eut quelques bons moments mais sans comparaison avec ce que nous avions vécu les jours précédents. Le décor unique représentait la vaste coupole d'une académie des beaux-arts et si ce décor passait pour le premier et le troisième acte, il n'était pas adapté au deuxième. Les costumes étaient de scrupuleuses reproductions des vêtements de l'époque, très colorés, richement décorés, mais un peu lourds. Un détail à souligner est que chaque maître chanteur disposait d'un apprenti particulier, à l'instar de Sachs avec David, ce qui est logique et permet des mouvements originaux dans certains passages. D'autre part, pendant le prélude joué à rideau ouvert, on a pu voir Richard Wagner lui-même, visitant la collection de peintures exposées sous la coupole, s'attarder longuement devant l'Assomption du Titien en prenant des notes : c'était assez sympathique mais quand même un peu téléphoné.

Quant à la direction de Guillermo Garcia Calvo, elle était plutôt sèche, c'est-à-dire précise mais ne dégageant pas suffisamment l'émotion profonde et naïve qui doit être le grand charme de ce chef d'oeuvre.

Enfin, puisque nous sommes en 2017, année de jubilé dédiée à Martin Luther, une remarque me semble intéressante au sujet de la harangue finale contestable de Sachs vis-à-vis des Velches. Personne ne s'étonne que l'assemblée sur la Festwiese entonne avec ferveur le "Wach auf", une citation du texte du Hans Sachs historique "Le Rossignol de Wittemberg" en hommage à Luther. Or, en traduisant la Bible latine en un allemand clair, ce dernier a accompli un travail littéraire ou linguistique de première importance. Et Hans Sachs, poète allemand, montrait dans ce poème son attachement non seulement au réformateur religieux mais aussi au promoteur de la langue allemande. Dans cette optique, l'avertissement de Sachs à Walther et au peuple s'applique au risque d'un retour des influences de la latinité (la contre-réforme) dans les terres allemandes. On est assez loin des propos médiocrement xénophobes que l'on attribue trop souvent et avec complaisance au haineux et vénéneux Richard Wagner.

Affiche des Maîtres

Madgalena et Sachs

Walther Sachs et Beckmesser

 

 

 

 

 

 

 

 

               Magdalene et Sachs                                                                      Walther, Sachs et Beckmesser

Eva et Pogner

Eva et Pogner

Eva et Walther 

Eva et Walther

Salut final et le chef Guillermo Garcia Calvo

Pour conclure, il faut saluer la performance du théâtre de Chemnitz de représenter en trois jous consécutifs et avec éclat trois ouvrages de cette importance. Saluons également le public, attentif et enthousiaste, mais aussi raffiné dans sa tenue vestimentaire avec des robes longues et même quelques smokings (dont un lyonnais !)

Très prochainement je compléterai ce compte-rendu par des impressions wagnériennes de voyage avec en particulier un commentaire sur la représentation de l'opéra "Wahnfried" qui se donnait à Karlsruhe.

 

 

 

 

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01 avril 2017

LES MAÎTRES CHANTEURS A LA SCALA DE MILAN

Quand nous avons appris que notre ami Detlef Roth, qui est aussi membre d'honneur du Cercle Richard Wagner de Lyon, chantait le rôle de Kothner à la Scala, nous avons tout de suite décidé d'aller faire un tour en Lombardie et en profiter, une fois de plus, pour admirer la magnifique façade de sa cathédrale.

La cathédrale

La soirée de le veille avait donné lieu à une agréable rencontre avec Detlef et son épouse Norma dans un restaurant choisi. Notre ami s'était laissé pousser une belle barbe pour être en accord avec les exigences du metteur en scène sans qu'il soit spécialement justifié d'arborer une pilosité aussi opulente dans la pratique de la boulangerie.

Detlef et Norma

 

 

Detlef et Henri

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le spectacle proposé par la Scala était une reprise de la production de Zurich, dans une mise en scène d'Harry Kupfer, avec une distribution qui s'est avérée très disparate.

Affiche de la Scala

Du point de vue de la mise en scène elle-même, c'est-à-dire du comportement des personnages, tout était conforme à l'esprit de l'oeuvre de Wagner. Dommage cependant que le décor soit constitué seulement de la ruine de l'église Sainte-Catherine, censée être reconstruite au fil des actes sans être jamais finie, ce qui permit aux spectateurs d'avoir comme décor un immense échafaudage (le décorateur Hans Schavernoch étant depuis bien des décennies le maître incontesté des échafaudages avec escaliers incorporés), servant à tout puisqu'il n'y avait rien d'autre sur scène sinon le lilas disproportionné du second acte qui, lui-même, changeait de côté suivant les mouvements intempestifs de la scène tournante.

Le décor

Comme je l'ai dit, la distribution était loin d'être homogène et le sublime a côtoyé l'abominable. Deux merveilleux chanteurs se sont distingués : Michael Volle dans le rôle de Sachs et Markus Werba dans celui de Beckmesser. Michael Volle est sans aucun doute le meilleur Sachs actuel et il a tout pour lui : un physique agréable, une voix ample et percutante et des qualités d'acteur remarquables. Markus Werba est lui aussi un merveilleux acteur qui se déplace avec une aisance peu commune. C'est un brillant chanteur et ses duos avec Sachs lors du deuxième acte ou du troisième ont été des vrais moments de grand art, tant vocal que théâtral.

Malheureusement le couple Eva - Walther était loin d'être du même niveau. Sans être ridicule, l'Eva de Jacquelyn Wagner était terne et manquait réellement de puissance et encore plus de grâce et de finesse. Ce n'est qu'au troisième acte qu'on a pu enfin entendre sa voix, au timbre un peu acide sans cependant être désagréable, mais d'une réelle insuffisance lors de ses interventions avec Sachs ou Pogner. Quant au Stolzing de Erin Caves, c'est à n'y rien comprendre. Comment le public de la Scala, autrefois réputé pour sa sévérité avec les chanteurs, a-t-il pu supporter un tel artiste sans protester ? Aucun don d'acteur, voix terne, rien sinon des aigus hurlés et faux ! C'était d'autant plus pénible qu'Eva avait vraiment de meilleurs choix avec un Sachs sérieux et épanoui et un Beckmesser fantasque et fringant. Il est vrai que ce ténor venait en remplacement d'un collègue dont la direction artistique de la Scala s'était aperçue, seulement après la Première, qu'il était complètement inapte. Il paraît qu'il y a des personnes "hautement qualifiées" dont la seule fonction est de s'occuper du casting !

Pour le reste de la troupe : un très bon David (Peter Sonn) et une Magdalene également excellente (Anna Laprovskaja), des Maîtres à la hauteur de leur tâche, mais avec une réserve pour Albert Dohmen. Cet artiste qui s'est illustré dans de nombreux rôles et qui a incarné et chanté admirablement Wotan, nous a fait entendre un Pogner routinier et fatigué aux graves un peu courts. Je garde pour la fin ce cher Detlef qui a chanté avec dignité la partie de Kothner auquel il a donné un côté légèrement facétieux en le faisant par exemple trébucher alors qu'il porte fièrement la bannière de la guilde.

Les chanteurs

Walther, Gatti et Sachs

Daniele Gatti est certainement un grand admirateur de l'art que Richard Wagner déploie dans ses Maîtres Chanteurs mais il ne nous a pas paru particulièrement à l'aise dans cette oeuvre, spécialement dans les moments "légers". En revanche, il déploie son savoir-faire dans l'émotion profonde et solennelle du Prélude du troisième acte. Sa tâche ne devait pas être facile dans le duo Sachs-Stolzing où il avait à équilibrer l'aisance souveraine de Michael Volle avec la gaucherie de son partenaire.

Les choeurs et l'orchestre étaient naturellement impeccables. Mais les "apprenties" en costumes féminins étaient quand même mal venues !

En conclusion, un spectacle inégal pour une oeuvre qui n'est apparemment pas celle que préfèrent les Milanais, car les sièges inoccupés étaient assez nombreux et les départs prématurés aussi. Pourtant l'oeuvre n'avait pas été donnée à Milan depuis 27 ans ! (petit rappel : dernière représentation à Lyon, il y a 44 ans !!)

Dans le musée du théâtre, une exposition était consacrée à Arturo Toscanini pour célébrer les 150 ans de sa naissance. 

Expo Toscanini

 

 

27 mars 2017

LES 35 ANS DU CERCLE RICHARD WAGNER-LYON (suite et fin)

TROISIEME ACTE : LE TEMPS DES AGAPES

La noirceur tragique d'Elektra n'avait en rien altéré l'humeur joyeuse de nos hôtes qui se retrouvaient à l'hôtel Sofitel pour un dîner de gala clôturant les réjouissances prévues par le président Pascal Bouteldja pour fêter les trente-cinq ans de notre Cercle lyonnais.

Cent-quarante participants avaient répondu à notre invitation, venus de Bordeaux, Nantes, Paris, Marseille, Nice, Annecy, Toulouse, mais aussi de Belgique et d'Allemagne sans oublier évidemment les Lyonnais. Ils furent accueillis par trois petits Wagner qui sont les habituels pensionnaires de notre ami Carlos Mellina.

Philippe Berthier, Henri Perrier et Carlos Mellina

Il y eut tout d'abord les discours d'usage, traduit pour nos amis allemands par Joachim Umlauf, directeur du Goethe-Institut, et les présentations des ouvrages récemment parus de Michal Mrozowicki et Philippe Berthier. La plupart des invités devaient écouter debout, mais heureusement une coupe de champagne à la main.

Pascal Bouteldja et Joachim Umlauf, directeur du Goethe Institut

 

pendant les discours

Présentation du livre de Michal Mrozowicki

 

 

présentation du livre de Philippe Berthier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pascal Bouteldja, Pierre-Henri Alquier et Hjördis Thebault

Les Berthier et Henri Perrier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Francis van Rossum et Liesel Berthier

 

 

 

 

Philippe Berthier et Michal Mrozowicki

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis on passa à la salle à manger où les convives s'installèrent autour des quatorze tables, une par oeuvre de Wagner, plus la table d'honneur portant le nom du Maître.

Une belle salle bien remplie

Pierre-Henri Alquier et Hjördis Thebault

Thomas Krakow et Joachim Umlauf directeur du Goethe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

André Demark et Martine

une table de lyonnais

 

 

 

 

 

 

 

On a bien mangé et en apothéose, est arrivé le gâteau d'anniversaire orné d'un cygne illuminé de bâtonnets étincelants (façon Louis II).

 

 

le gateau d'anniversaire

Le président et le chef patissier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On a aussi bien bu ce qui a contribué à faire monter la chaleur de l'ambiance jusqu'à une certaine dissipation euphorique pour certains alors que d'autres poursuivaient de très sérieuses discussions.

Et puis vint l'inévitable moment des embrassades de la séparation. Et pour Pascal, président mais aussi directeur général de ces jours de fête, le soulagement et la grande satisfaction de la parfaite réussite de son entreprise.

Les présidents

 

 

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26 mars 2017

LES 35 ANS DU CERCLE RICHARD WAGNER-LYON (suite)

DEUXIEME ACTE : JOURNEE A L'OPERA

La journée a été longue et belle.

Dès 14 heures, un nombreux public, composé en grande partie par les membres des Cercles Wagner, était présent dans l'Amphithéâtre de l'Opéra pour assister à la conférence-récital présentée par le Cercle Richard Wagner de Lyon.

Programme conférence-récital 1

Programme conférence-récital 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les artistes

Christian Merlin

Pascal Bouteldja avait bien fait les choses pour choisir les intervenants, ce qui nous a valu une conférence de haute tenue, malheureusement trop courte, de Christian Merlin. Comme à son habitude, il fut brillant et enjoué, précis et clair mais non simpliste et il reçut de l'assistance une ovation comme on en entend rarement pour un conférencier.

 

Vint la partie musicale dont vous pouvez lire le programme plus haut.

HJördis Thébault

 

Nobuyoshi Shima, pianiste

 

Hjördis Thébault a bien des qualités, car en plus d'être une cantatrice au talent délicat et consciencieux, dotée d'une voix belle et ample, elle est aussi responsable de la maison d'éditions Symétrie (celle de Pascal Bouteldja et de notre membre d'honneur Michal Mrozowicki), et enfin elle est membre de notre Cercle lyonnais, démontrant de la plus belle façon le sens qu'il faut donner au titre de membre actif en nous offrant ce magnifique récital. Son accompagnateur Nobuyoshi Shima fit apprécier sa délicate maîtrise en interprétant sa propre transcription du Siegfried Idyll. L'accueil enthousiaste de l'auditoire fut récompensé en bis par un éclatant "Dich teure Halle".

Deux heures plus tard, devant une salle archi-comble, Hartmut Haenchen levait la baguette pour entraîner son orchestre.

L'interprétation d'ensemble a été une grande réussite. Outre les excellents Roi Marke, Brangäne, Kurwenal, Melot, Berger déjà appréciés lors de la Première du 18 mars, Ann Petersen fut une Isolde vocalement convaincante à défaut d'être ce qu'on appelle "une grande tragédienne lyrique". La surprise a été la remarquable prestation de Daniel Kirch en Tristan, impeccable dans le duo du deuxième acte et vraiment remarquable d'engagement et de vaillance tout au long du troisième acte. On redira avec plaisir l'éminente qualité de l'ensemble orchestral et on louera encore l'ardeur, la fougue et la délicatesse du Maestro Haenchen. Il y a des jours où on est enclin à penser que la qualité du public contribue à la réussite d'un spectacle. C'était le cas hier soir, ce qui vaut bien des félicitations à nos amis wagnériens qui ont su entraîner l'ensemble des auditeurs dans une écoute attentive et passionnée.

Tristan et Isolde

Hartmut Haenchen

S'il fallait formuler un bémol, ce serait vis-à-vis de l'organisation des entractes où il faut, dans la cohue, faire une queue interminable pour obtenir un rafraichissement servi par un personnel complètement dépassé. Quand on a pu rassembler des musiciens d'orchestre d'une telle qualité, il doit bien être possible d'organiser convenablement le service de la "limonade"...

 

Philtre Perrier

 

 à suivre...

 

 

 

 

 

 

 

25 mars 2017

LES 35 ANS DU CERCLE RICHARD WAGNER-LYON

PREMIER ACTE : RECEPTION A L'HÔTEL DE VILLE

Magnifique réception dans les Salons rouges de l'Hôtel de Ville de Lyon pour les membres des Cercles Richard Wagner de Leipzig et de Lyon en ce vendredi 24 mars, en prélude aux festivités musicales du week-end.

Madame Myriam Picot, vice-présidente déléguée à la culture, accueillit chaleureusement les invités.

Myriam Picot

 Les présidents Pascal Bouteldja et Thomas Krakow insistèrent sur l'engagement efficace de leurs deux associations pour le rayonnement de l'art wagnérien, se félicitant de l'heureuse et amicale coopération qui les rassemble.

Pascal Bouteldja

Thomas Krakow

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais la plus belle surprise de la soirée fut la présence du Maestro Hartmut Haenchen qui précisa dans son allocution que la version de Tristan qu'il présentait à l'Opéra de Lyon était conforme aux dernières modifications apportées par Richard Wagner pour les représentations de Vienne avec de nombreux changements de détail au troisième acte et bien sûr l'intégralité du duo du deuxième acte, version qui était donnée certainement pour la première fois à Lyon.

Hartmut Haenchen

Quelues photos-souvenirs des présidents et du Maestro.

Les deux présidents

Les trois chefs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pose devant le poster

Les cadeaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après des échanges de cadeaux sous les applaudissements de l'assistance, tout le monde se retrouva autour du buffet dans un climat détendu et cordial témoignant de la parfaite réussite de cette rencontre.

 

 

 

le cocktail

coktail bis

Coucou ! cest moi... j'avais envie d'être aussi sur ces photos...

C'est moi

 

 à suivre...

 

 

 

 

 

19 mars 2017

TRISTAN ET ISOLDE A L'OPERA DE LYON

Ce samedi 18 mars, c'était la Première de Tristan et Isolde à l'Opéra de Lyon reprenant la mise en scène d'Heiner Müller, proposée à Bayreuth il y a une bonne vingtaine d'années.

La distribution, comme cela arrive trop souvent avec cette oeuvre, était dominée par les rôles secondaires : Excellent roi Marke de Christof Fischesser ; parfaite Brangäne d' Eve-Maud Hubeaux dont les appels chantés du haut du théâtre furent du plus bel effet ; le Kurwenal sonore d'Alejandro Marco-Buhrmester manqua par trop de nuances.

Les deux protagonistes se trouvaient l'un et l'autre en difficulté pour des raisons différentes. Ann Petersen, annoncée comme souffrante, dut souvent se ménager, surtout dans le médium, et sauva les apparences par des aigus sonores mais souvent un peu forcés. Elle a eut bien du mal à donner de l'éclat à son grand air final. Daniel Kirch, artiste courageux mais intrinsèquement dépassé par le rôle de Tristan dans lequel il débutait, se ménagea dans les deux premiers actes, donna son maximum dans la première partie du troisième, et termina moribond (mais ce n'était pas dans le seul but de rendre plus crédible l'agonie de Tristan). On leur souhaite bonne chance à tous les deux pour la suite des représentations.

Brangäne

Isolde

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tristan et Kurwenal

Marke et Brangäne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hartmut Haenchen Isolde et Brangäne_modifié-1

Le héros de la soirée a été l'orchestre, admirable d'engagement et de souplesse, guidé par un grand chef, Hartmut Haenchen, élégant, dynamique et lyrique à souhait. On pourrait lui reprocher d'avoir libéré ses troupes au risque de couvrir les chanteurs, mais c'est finalement une bonne tactique quand ceux-ci sont en difficulté !

Quant à la mise en scène, triste et terne, au symbolisme plus emphatique qu'efficace, elle avait au moins le mérite de nous permettre d'écouter sereinement la musique et de nous épargner d'outrageantes extravagances. Mais, valait-elle la peine d'être ressuscitée ?

 

 

 

 

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12 mars 2017

JOURNEE WAGNER-STRAUSS

Samedi 11 mars, le Cercle Richard Wagner-Lyon proposait à la Bibliothèque Municipale une journée complète Wagner-Strauss avec deux conférences données par le musicologue universitaire Jean-Jacques Velly.

Le matin, le sujet était "Richard Strauss interprète de Wagner" traité par le conférencier avec maîtrise et clarté, soulignant l'attachement profond pour l'oeuvre de Wagner que Strauss manifesta toute sa vie, son engagement pour l'établissement d'un style d'interprétation (sous la houlette de Hans von Bülow et de Cosima Wagner), ce qui ne veut plus dire grand chose aujourd'hui puisque le style en question est ce qui gouverne d'une manière générale les interprétations actuelles mais qui, à la fin du XIXème siècle, restait encore à fixer.

Jean Jacques Velly

 

Strauss chef d'orchestre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Richard Strauss fréquenta le Festival de Bayreuth d'abord en spectateur puis comme assistant musical et enfin comme chef d'orchestre en 1894 (il n'avait alors que 29 ans). Il n'y revint que bien plus tard, en 1933 et 34, pour diriger Parsifal. Sur la raison de cet éloignement prolongé, on peut invoquer une évidente rivalité, voire jalousie, de la part de l'héritier Siegfried Wagner. Ajoutons que Richard Strauss dirigea à Bayreuth, le 4 août 1933, la Neuvième Symphonie de Beethoven en célébration du cinquantenaire de la mort de Wagner. C'était la première fois qu'on jouait cette oeuvre dans le Festspielhaus.

Pour illustrer l'art de Strauss chef d'orchestre, voici trois timbres-poste qui le représentent baguette à la main.

Strauss 1

Strauss 3

 

 

Strauss 2

Rendons hommage à la mansuétude de l'Eglise : la Poste Vaticane n'a pas hésité à honorer Strauss qui était pourtant d'un athéisme intransigeant.

déjeuner

Après une pause-déjeuner fort agréable prise dans les hauteurs du "Crayon", nous nous sommes retrouvés l'après-midi pour écouter Jean-Jacques Velly développer le thème : "De Tristan à Elektra. L'itinéraire de la modernité" qui s'inscrivait en préambule aux représentations prochaines de ces deux oeuvres à l'Opéra de Lyon. Itinéraire certes périlleux que Richard II a emprunté d'abord avec une oeuvre épigonale, "Guntram" dont il écrivit lui-même le livret. Puis il connut deux grands succès à scandale avec Salomé et Elektra, enflammées par une violence extrême à tous points de vue mais dont l'excès lui-même aboutissait à une impasse. Strauss s'en sortit par d'autres chemins dont la première étape fut "Le Chevalier à la rose".

C'est le moment de rapporter l'anecdote d'un dialogue entre Siegfried Wagner et Richard Strauss qui souffraient l'un pour l'autre d'une incompatibilité d'humeur. Celle-ci remontait d'ailleurs à la génération précédente puisque Franz Strauss resta toute sa vie un adversaire farouche de Wagner : 

- Siegfried Wagner : Mon père est comme le sommet d'une montagne au-delà de laquelle personne ne peut aller.

- Richard Strauss : Moi, j'ai trouvé une solution. J'en ai fait le tour !

Terminons cette petite chronique par l'image de notre conférencier posant fièrement à côté de la nouvelle bannière du Cercle, ce roll-up que le président, Pascal Bouteldja, présentait pour la première fois à l'occasion de cette journée.

Velly et le roll-up

 

 

 

 

 

 

 

27 février 2017

TANNHÄUSER A MONTE CARLO, LE FLOP D' UN MUST

Annoncé comme un événement, la résurrection du Tannhäuser, version de Paris chantée en français, en était bien un, mais sa réalisation a été ratée au point qu'elle repousse très loin dans le temps toute tentative ultérieure analogue.

L'idée était certes séduisante, mais comment s'y prendre une fois qu'on a considéré l'état des lieux. Une disparition remontant aux années 1950, cela signifie qu'il n'y a plus de "tradition", c'est-à-dire plus de professeurs, de chefs de chant, d'interprètes rompus à ce style. Alors il faut faire appel à des débutants, des novices, fussent-ils expérimentés et talentueux dans d'autres domaines.

Facteur aggravant, le metteur en scène désireux de gommer toutes les références "historiques" qualifiées de kitsch, s'est aventuré avec de gros sabots dans les ornières d'un regie theater mal digéré teinté du pire mauvais goût. Ce serait faire beaucoup d'honneur à son "travail" que de recenser ses trouvailles qui ne dépassent pas le niveau de gags prétentieux et dérisoires, mais qui sont tellement incongrues qu'elles suscitent plus l'ironie que la colère. Les costumes sont hideux, les décors insignifiants, la chorégraphie de la bacchanale digne du gala d'une école de danse de chef-lieu de canton.

Côté musical, un seul interprète émerge avec noblesse, c'est Steven Humes dans le rôle du Landgrave, qui, comme par coïncidence est le seul qui soit un habitué du répertoire wagnérien. Jean-François Lapointe se tire adroitement du rôle de Wolfram, sans cependant faire oublier ses glorieux devanciers dont notre inoubliable ami et membre d'honneur, Ernest Blanc.

Salut 2

Les deux dames nous ont plus d'une fois écorché le tympan avec des forte hurlés accentués peut-être par le dispositif scénique en coupole produisant parfois de curieux effets de réverbération ou de sonorisation.

La déception vient surtout de José Cura qui s'est aventuré inconsidérément dans ce rôle de Tannhäuser, un des plus redoutables du répertoire wagnérien. Alors il y a eu des coupures, des passages à vides (finale du 2ème acte), et toujours l'impression de voir et d'entendre Canio ou Turridu égarés dans les sphères du romantisme médiéval.

Salut 3

 

Reste le cas de Nathalie Stutzmann qui n'a pas démérité. Mais, encore une fois, il faut souligner la témérité de l'entreprise. Sa direction était claire, précise, presque innocente en ce sens qu'elle n'avait pas l'épaisseur nécessaire et s'est révélée incapable d'entraîner l'ensemble. Jamais au cours de la représentation on n'a senti passer le souffle émotionnel et passionné qui entraîne le spectateur à s'associer au drame qui se joue sous ses yeux.

Salut 1

salut final

La grande satisfaction de la soirée était plus d'ordre sentimental qu'artistique, plus d'ordre personnel fût-il collectif : c'était le plaisir de retrouver les amis wagnériens des Cercles français (et flamand !) tout simplement heureux d'être là et curieux d'un Tannhäuser en français, une occasion unique mais qu'on aurait préférée meilleure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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