La vie wagnérienne

15 décembre 2017

ESCAPADE CATALANE POUR UN TRISTAN HORS CLASSE

 

Le Tristan du Liceo nous avait attiré par la perspective d'un plateau vocal d'une exceptionnelle qualité. Et la reprise de la mise en scène lyonnaise de la Fura del Baus garantissait une vision acceptable voire satisfaisante de l'oeuvre.

Affiche

On retrouve toujours avec un plaisir empreint d'émotion cette salle grandiose et brillante même si son acoustique un peu dure et directe ne rend pas parfaitement l'onctuosité des sonorités wagnériennes.

Le liceu illuminé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le décor évolutif d'une énorme lune présente pendant les trois actes impressionne par sa sobriété nuancée de subtils éclairages. La scène du philtre est superbement rendue, les deux protagonistes attendant une mort qui ne vient pas et se laissant gagner progressivement par la passion. Le seul point détestable est le remplacement totalement stupide des épées par des fusils, une idée provocatrice inepte déjà utilisée à Lyon et malheureusement reprise à Barcelone. Le furet peut se montrer bien lourdaud et tout bêtement maladroit.

Les interprètes étaient tous de premier ordre, soutenus par un bon orchestre impulsé par le valeureux Josep Pons. Greer Grimsley, Kurwenal brave et sonore à souhait ; Sarah Connolly Brangäne presque trop discrète ; Albert Dohmen qui, au soir d'une carrière magnifiquement riche, donne par son interprétation de Marke une admirable leçon de chant et de déclamation. Iréne Theorin, voix magnifique, ample mais pas toujours parfaitement contrôlée, est  une superbe Isolde à qui on donnerait volontiers la médaille d'argent s'il existait une olympiade pour les Isolde.

Tristan, Kurwenal et Melot

Le roi Marke d'Abert Dohmen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tristan et Isolde

Enfin, last but the best, Stefan Vinke mérite sans conteste la médaille d'or des Tristan. Cet artiste d'une vaillance et d'une générosité extraordinaires nous a fait vivre sans doute le meilleur troisième acte auquel nous avons pu assister depuis plus d'un demi-siècle de fréquentation tristanienne. Dans cet acte, un heldentenor dispose de trois possibilités d'interprétation qu'il doit moduler selon ses moyens et son tempérament : parler, hurler ou chanter. Vinke a opté préférentiellement pour la troisième, la plus rare car la plus difficile. Sa performance frise la perfection, terminant son agonie en pleine possession de ses moyens vocaux contrairement à la plupart de ses collègues qui finissent dans un état d'épuisement qui n'a rien de simulé. Il donne raison à l'avis de Richard Wagner lui-même qui pensait qu'une méthode appropriée permettrait de surmonter les difficultés apparentes du rôle. Mais on se doute, comme nous l'a confirmé l'artiste à la sortie, que cela impose un énorme travail de préparation.

Stuc du balcon d'avant-scène

Un agréable devoir lors d'un passage à Barcelone est de faire visite à nos chers amis de l'Associacio Wagneriana, très "spéciaux" en ce sens qu'une rigueur excessive dans l'acception du terme "Gesamtkunstwerk" les oblige à s'abstenir d'assister à des représentations où l'aspect visuel de l'oeuvre du Maître serait (ne serait-ce que légèrement) malmené. Par les temps qui courent, leur sort en est devenu pitoyable. Cependant, il reste en eux une telle foi, quà leur contact se dégagent une sincérité et une chaleur qu'on chercherait vainement dans des milieux où la bien pensance est tellement unique qu'elle finit par devenir quasiment inexistante.

Nos amis catalan

 

 

 

 

 

 

 


27 novembre 2017

SEMINAIRE ANNUEL DU CERCLE RICHARD WAGNER-LYON

Ce dimanche 26 novembre, le Cercle Richard Wagner-Lyon avait réuni de bon matin ses membres à l'hôtel Radisson Blu pour son annuelle journée "séminaire" sur le thème de l'Anneau du Nibelung.

L'assistance nombreuse s'est montrée très attentive et même patiente vis-à-vis de certains intervenants redoutablement prolixes. La matinée bien remplie a commencé par l'exposé de Bernard Reydellet, toujours remarquable de clarté (conséquence de sa clairvoyance !) sur les bénédictions et surtout les malédictions qui jalonnent les quatre journées du Ring. Puis Eliane Suerinck a dressé, sous l'angle de la psychanalyse, un portrait plein de finesse du dieu Wotan, entraîné par sa volonté de puissance dans les affres de la politique et des démêlés sentimentaux. Françoise Derré nous a plongé dans les sphères des divinités chtoniennes des mythologies européennes se perdant parfois dans des chemins de traverse étrangers au monde wagnérien. Puis Chantal Perrier a rafraîchi l'atmosphère par son exploration soigneuse et délicate des diverses boissons tétralogiques laissant aux stupéfiantes propriétés des philtres leurs inintelligibles secrets.

Après un déjeuner d'agréable ambiance mais de piètre jouissance gastronomique, la journée d'étude s'est poursuivie avec l'intervention de Nicolas Crapanne sur le personnage d'Angelo Neumann et sa passionante entreprise du Théâtre itinérant Richard Wagner. Confondant sans doute une excusable somnolence post-prandiale avec un envoûtement de l'auditoire captivé par son sujet, l'orateur s'est laissé entraîner à dépasser démesurément son temps de parole. Cyril Plante a eu toutefois le temps de présenter posément son étude sur les représentations de la Tétralogie au Capitole de Toulouse dans les années cinquante, illustrant la qualité des représentations d'alors influencées par Wieland Wagner et qu'on trouvait aussi à l'époque dans différentes villes de province et notamment à Lyon.Vu les contraintes horaires, le modérateur de la journée, Henri Perrier, a prudemment jugé préférable de renoncer à son propre exposé qui sera largement présenté dans le prochain Wagneriana Acta aux dépens d'autres interventions qui, elles, devront être amputées de leurs excroissances comme l'a souligné Chantal Perrier qui a la charge d'assurer la mise en place de la revue.

Une partie de l'assistance

Les trois premiers intervenants

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les trois derniers intervenants

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

table 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

table 3

 

 

 

 

 

Table 1

 

 

fin

 

 

 

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11 novembre 2017

EMPREINTES WAGNERIENNES AU MUSEE DES BEAUX-ARTS DE LYON

Le musée des Beaux-Arts de Lyon occupe les bâtiments d'une ancienne abbaye donnant sur la place des Terreaux. C'est un beau musée généraliste faisant naturellement la part belle à la sculpture et à la peinture.

L'empreinte wagnérienne ne se révèle qu'au disciple perspicace ; elle n'en est pas moins attachante, se manifestant dans quatre sujets, deux sculptures et deux peintures :

- Dans la chapelle Saint-Pierre où sont rassemblées les sculptures, on peut voir le bas-relief en bronze dédié à la cantatrice Louise Janssen qui se trouvait autrefois dans le hall de l'Opéra Grand-Théâtre.

- Dans le département des objets d'art, se trouve un beau buste par Zacharie Astruc représentant le Sâr Péladan, ce fumeux prosélyte du wagnérisme ésotérique, natif de Lyon.

Louise Janssen

 

 

Le Sâr Péladan (1)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Non loin de là est accrochée une grande toile de Louis Bouquet représentant la scène du philtre de Tristan et Iseult. Louis Bouquet, peintre lyonnais, est l'auteur des grandes peintures de l'Hôtel des Postes et aussi de la décoration du plafond du hall du Palais de Bondy (Salle Molière).

Tristan et Iseult par Louis Bouquet

- La dernière allusion wagnérienne correspond à une vue du Grand Canal de Venise par Bernardo Belloto (neveu de Canaletto). Elle représente le Canal dans sa grande boucle avec au fond le palais Balbi, à gauche le palais Rezzonico pas encore terminé, et en face les alentours du Campo San Samuele (le palais Grassi n'était pas construit). Le plus intéressant pour nous se situe sur la gauche où on reconnaît (bien qu'ils soient tassés) le palais Foscari suivi par les trois palais Giustiniani. C'est dans le troisième (le plus près de la Ca' Rezzonico) que Wagner séjourna pendant six mois en 1858-59 et qu'il y peaufina longuement et superbement le deuxième acte de Tristan.

Le Grand Canal par Belloto

 

Wagner au Musée des Beaus-Arts

 

 

 

 

 

 

 

29 octobre 2017

QUALITE ET VARIETE POUR UNE JOURNEE STUDIEUSE

Ce samedi 28 octobre, le Cercle Richard Wagner-Lyon réunissait ses adhérents pour deux conférences à la Bibliothèque Municipale de la Part-Dieu auxquelles était également convié le public habitué à fréquenter les locaux de la bibliothèque.

Le président Pascal Bouteldja avait invité deux personnalités excellant chacune dans les sujets qu'elles avaient à développer.

Le matin, c'était le professeur de littérature française de l'Université polonaise de Gdansk, Michal Piotr Mrozowicki, qui est devenu par le cycle gigantesque de publications qu'il a entrepris, le spécialiste inégalable et incontesté de l'histoire de la réception en France de Wagner et de son oeuvre. Un cycle en trois parties dont deux ont été déjà publiées. Michal Mrozowicki en a présenté un résumé ou plutôt une synthèse dégageant le rôle joué par les grands pionniers du wagnérisme français : Charles Baudelaire, Judith Gautier, Charles Lamoureux, Jules Pasdeloup... qui luttèrent avec pugnacité contre une hostilité dont les motifs étaient souvent fort éloignés de l'idéal artistique.

Michal Mrozowicki

Le déjeuner rassembla ceux qui aiment à se retrouver sous une bannière où le zèle wagnérien fait bon ménage avec une franche convivialité qu'ont semblé apprécier les conférenciers invités.

Un déjeuner convivial 1

Un déjeuner convivial 2

 

 

 

 

 

 

 

L'après-midi, c'était au tour de Georges Liebert, homme de lettres bien connu, spécialiste de Nietzsche et wagnérien convaincu, d'intéresser l'assistance à la personne et à l'oeuvre de Bernard Shaw, et particulièrement à ses études et à ses critiques sur les opéras de Wagner et leurs interprétations, spécialement le Ring, sujet de l'ouvrage "Le parfait wagnérien". Dans sa conférence, claire et très documentée, il dépassa le cadre musical et théâtral pour pénétrer dans les domaines de la politique et de l'organisation sociale pour lesquels Shaw avait des idées aussi arrêtées qu'évolutives et finalement inquiétantes à la fin de sa vie. 

Shaw, en nous limitant à l'étude critique wagnérienne, fut non seulement un humoriste aux saillies irrésistibles mais aussi un analyste de grande subtilité ce qu'à fort bien montré Georges Liebert dans un exposé vivant et agréable.

Georges Liebert conférencier

 

 

 

 

 

 

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24 octobre 2017

VOLLENDET DAS SELIGE WERK !

Le 24 octobre 1867, il y a exactement cent-cinquante ans, Richard Wagner mettait le point final à sa partition des Maîtres Chanteurs.

Dernière page partition des Maîtres Chanteurs

Pour fêter ce jubilé, quoi de plus approprié que cette belle aquarelle de Franz Stassen illustrant la protohistoire de la délicieuse comédie.

Elle représente le bon Hans Sachs instruisant la pure et gracieuse Eva des choses de l'art et de la vie.

Aquarelle Stassen Sachs et Eva

En forme de voeu pour cet anniversaire, reprenons à notre compte celui que formule Hans Sachs dans son discours final : 

"Que le Maître ne soit pas méprisé

Et que son Art soit honoré !

Wagner vainqueur

 

 

 

 


09 octobre 2017

WALKYRIE - VACHE QUI RIT

Essai de mise au point à propos d'un à peu près (par Henri Perrier)

Si vous êtes un wagnérien ou une wagnérienne qui a de nombreuses années de service, on vous a déjà servi un certain nombre de fois une plaisanterie bébête sur "la vache qui rit" et cela ne vous fait plus rire depuis longtemps. Aussi, je vous propose de vous en parler avec tout le sérieux et la rigueur nécessaires. En premier lieu, on doit remarquer que c'est une plaisanterie uniquement franchouillarde qui laisse complètement indifférents les étrangers à notre langue. En revanche (!), son origine est évidemment à rechercher dans la vieille hostilité franco-allemande. Bien sûr, les blagues sur les valkirigolent et les valkipleurent sont certainement très anciennes, mais l'allusion à la vache doit remonter à l'après-guerre de 1870-71.

Wache

A la suite de l'annexion de l'Alsace-Lorraine, les vainqueurs avaient installé des postes aux frontières portant l'inscription "Wache" ce qui signifie garde ou sentinelle. Du côté français, les gens ignorant les règles de la prononciation teutonne prononçaient "vache". Le chant patriotique allemand "Die Wacht am Rhein" devint du côté français "La vache au Rhin". Des étymologistes téméraires prétendent qu'il y aurait là une origine possible de l'invective aux forces de l'ordre "mort aux vaches", plutôt que de la rechercher dans les milieux de la tauromachie.

Femme vache

 

Est-ce aussi pour cette même raison que l'épithète est utilisée pour désigner une personne ou une action méchante ou sévère ? Ou bien plutôt parce que cette femelle sournoise peut décocher de furieux coups de pieds. A l'opposé, le mot "vache" peut être utilisé sans connotation péjorative, bien au contraire, surtout dans les contrées d'élevage. Ainsi, une "belle vache" peut désigner une femme bien en chair (ni trop grasse ni trop maigre par référence biblique) au regard placide, naïf et doux... voire capable d'esquisser un tendre sourire. 

 

 

Voilà qui nous conduit tout droit au point sensible de l'affaire : le rire de la vache. Il est connu depuis la nuit des temps, et formellement depuis Rabelais, que le rire est le propre de l'homme. Aussi, grand a été le mérite du dessinateur qui le premier s'est exercé à faire rire les animaux : c'est Benjamin Rabier (1864-1939), le fameux illustrateur de livres et de journaux pour enfants. C'est lui qui est à l'origine de la Wachkyrie - Vache qui rit dont je vais vous résumer l'histoire en en faisant une synthèse à partir de nombreux articles consultés sur Internet.

fables deLa Fontaine

Rabier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dès 1906, Benjamin Rabier avait publié un album illustré des Fables de La Fontaine dont la couverture représentait une vache souriante devisant avec un chat et des grenouilles. En 1916, l'armée française organisa une sorte de concours en vue de choisir des insignes devant orner les véhicules des sections automobiles militaires destinées au transport des personnels, des munitions ou du ravitaillement. Et c'est Rabier qui fut lauréat de ce concours dans la catégorie "ravitaillement en viande fraîche". Son dessin représentait la tête d'une vache hilare portant l'inscription "la Wachkyrie". Les véhicules de transport étaient en fait des autobus parisiens réquisitionnés et spécialement aménagés. L'appelation faisait référence par dérision à des valkyries qui, paraît-il, étaient peintes sur les véhicules transportant les troupes allemandes. Je n'ai pas pu trouver la preuve en image de cette assertion qui serait d'ailleurs bien funeste puisque, comme chacun sait, les valkyries mythologiques étaient chargées du transport des guerriers morts. Remarquons aussi que l'écriture du mot avec un W sur le dessin de Rabier revoie à la "Wache" mentionnée plus haut.

Camion-bus

insigne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le hasard a voulu que le fromager jurassien Léon Bel servît dans cette unité de transport de viande. En 1921, il s'entendit avec Rabier pour pouvoir utiliser son dessin sur ses boites de fromage fondu. Pour tous les détails sur le fabuleux destin de la "Vache qui rit", on peut consulter son site Internet ou mieux encore visiter son musée à Lons-le-Saunier.

L'entente avec Rabier ne se fit pas sans complications car le dessinateur avait déjà confié auparavant sa vache qui rit à un producteur de camembert. 

camembert

première vache qui rit

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la suite de son grand succès, la Vache qui rit a fait l'objet de nombreuses imitations ou contrefaçons qui font les délices des tyrosémiophiles. Dans le genre, l'idée contraire est même venue à un fabricant qui choisit d'appeler son fromage "Valkyrie".

camembert Valkyrie

En juste retour des choses, la Vache qui rit, née d'un pastiche railleur, a dû elle aussi endurer les épreuves de la parodie goguenarde.

La vache qui crie

La vache qui lit

 

 

 

La vache qui ouit

 

mort aux vaches

 

La vache qui chie

 

Avant l'histoire du fromage, en 1919, parut une chanson en forme de fox-trot "la Wachkyrie", arborant le dessin de Rabier, publiée dans le cadre des souvenirs de guerre sur les insignes des sections automobiles des armées. Sur une musique de Clapson, les paroles de Pierre d'Amor sont innocentes et n'évoquent en rien un ressentiment chauviniste ou une gloriole revancharde :

La wachkyrie partition

Au bord d'une grand'route, il est en Normandie

Une accueillante et vaste hôtellerie

Cette auberge célèbre a pour enseigne encore

La vache qui rit

Ecrite en lettres d'or...

 

Le tenancier malin accueille d'un sourire

Sa clientèle que tant de joie attire.

Au prix où est le beurre, en cet heureux pays,

Toutes les vaches toujours aujourd'hui rient...

 

Dans le genre de la caricature méchante, on aurait pu penser que des têtes de vaches fleurissent pour illustrer la haine des "boches" représentés jusqu'alors par des cochons ou des dogues. Apparemment, cela n'a pas été le cas même si certains dessins sont vraiment odieusement vaches et que la formule "vaches de boches ! "ait connu une vogue durable jusqu'au moment de l'Occupation.

Boches et betteraves

Pourquoi n'a-t-on pas vu de vache qui rit affublée d'un casque à pointe ? C'est justement parce qu'elle rit ! Tout comme les walkyries de Wagner rient beaucoup, même si le motif qui les amène à s'esclaffer peut nous paraître ambigu.

partition walkyries

 

Vache qui chevauche

 

 

Chevauchée des vaches qui rient

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour les dessinateurs contemporains, il y a deux manières de représenter une walkyrie. Soit une personne de grande taille, blonde, souvent obèse et forte en gueule. Marine Le Pen en a fait les frais en version affligée ou souriante. C'est vrai qu'elle a le physique idoine (même qu'en plus son papa portait jadis un bandeau sur l'oeil !). L'autre manière, c'est celle de la fantasy : une fille athlétique, sexy, provocante mais sévère. A la rigueur elle peut même abandonner le cheval pour enfourcher un bovidé.

Marine Le Pen

 

Camembert Marine Le Pen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chevauchée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je vais terminer cet exposé par deux images sympathiques. La première est un dessin du bayreuthien Klaus Häring, inépuisable caricaturiste du monde wagnérien, qui représente une walkyrie helvétique à califourchon sur une vache. La seconde est la photographie de la médaille que mon grand'père s'était offerte en souvenir de ses cinq années de campagne pendant la Grande Guerre ; il avait choisi comme emblème le noble visage d'une walkyrie qui, plutôt que de le conduire au Walhall, avait préféré lui laisser regagner paisiblement son foyer.

walkyrie sur une vache

médaille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans cette histoire de fromage, on a assez peu parlé de Wagner.

Alors place au camembert Wagner !

camembert Wagner 1

Camembert Wagner 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

fin

 

 

 

 

 

 

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08 octobre 2017

WEEK-END ROMANTICO-WAGNERIEN

La venue de grandes stars de l'art lyrique à Lyon est une chose plutôt rare, aussi l'annonce du concert de Bryn Terfel avait de quoi interpeller les amateurs malgré un programme restreint. L'Orchestre National de Lyon était dirigé de main de maître au plein sens du mot par le jeune Lahav Shani. Après une 40ème Symphonie de Mozart, fougueuse, presque romantique, il a accompagné Bryn Terfel dans deux morceaux de bravoure de Verdi (Othello et Falstaff) et c'était déjà l'entracte ! On a repris avec un Siegfried Idyll alourdi dans sa version pour grand orchestre. Et cela s'est terminé par un véritable éblouissement avec les Adieux de Wotan interprétés avec une conviction, une intensité réellement formidable sans parler des qualités de timbre et de phrasé de cet immense artiste qu'est Bryn Terfel. Un moment inoubliable !

Bryn Terfel

 

Lahav Shani

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'était tout le contraire le lendemain avec le concert Wagner-Liszt au Théâtre du Casino d'Aix-les-Bains dans le cadre du Festival des Nuits Romantiques qui célèbrait les 120 ans de la création française de Tristan et Isolde.

Plaque pour Tristan

Jonas Vitaud a déchiffré plus qu'interprété des transcriptions-paraphrases d'oeuvre de Wagner par Franz Liszt. Il s'est en partie rattrapé après l'entracte, mais dans un programme lui aussi de rattrapage puisque la Sonate de Liszt, initialement annoncée, a été remplacée par quelques Consolations et par la Mephisto-Valse N°1.

Nuits romantiques

 

Jonas Vitaud

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons consacré la journée du samedi à une escapade sur les bords du lac Léman, histoire de fêter une sorte de jubilé. En effet, cela fait tout juste 40 ans que nous avions commencé, à l'automne 1977, nos périples d'exploration des lieux de séjour de Richard Wagner en préparation aux "Rendez-vous wagnériens". Et nous avions débuté par La Tour de Peilz (Pension du Rivage, décembre 1865) et Villeneuve (Hôtel Byron, printemps 1850). L'Hôtel Byron est devenu une résidence pour personnes âgées (et néanmoins fortunées !). En revanche, la Pension autrefois tenue par des religieuses, a été très heureusement aménagée en un hôtel-restaurant plus que confortable (Hostellerie Bon Rivage) dont la table dans le genre "bourgeois-raffiné" est à recommander vivement. 

ancien hôtel Byron

Hostellerie Bon Rivage

 

 

Salle Cosima

 

Salle Wagner

 

 

 

 

 

 

 

 

Hostellerie avec signatures

Hôtel Bon Rivage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le soir, au Centre de Congrès d'Aix-les-Bains, nous avons retrouvé une douzaine de nos amis du Cercle Richard Wagner-Lyon venus assister au concert dont le programme comprenait les ouvertures ou préludes des onze ouvrages lyriques de Wagner de Rienzi à Parsifal.

Quelques wagnériens lyonnais à Aix les Bains

Idée étrange, une véritable gageure, avec peut-être l'espoir de figurer un jour dans le Guinness des records. En tout cas, épreuve redoutable, parfaitement réussie par l'Orchestre Symphonique National de la RAI de Turin. Ce fut un plaisir d'entendre et de voir avec quelle ardeur enthousiaste les instrumentistes s'en donnaient littéralement à coeur joie, dirigés par le jeune chef finlandais Pietari Inkinen à la gestique conventionnelle mais ô combien efficace. Que le programme soit une sorte de défi, on s'en est bien rendu compte avec les préludes des quatre journées du Ring qui sont en fait des introductions orchestrales et ne sont guère appropriées à une audition au concert. Plutôt que de viser à tout prix à cette "intégrale" peut-être aurait-il mieux valu insérer l'Ouverture pour Faust ou donner le Prélude de Tristan avec sa belle conclusion (version 1860) si rarement jouée ; sans parler des tubes incontournables que sont la Chevauchée des Walkyries ou le Prélude du troisième acte de Lohengrin qui auraient déclenché l'enthousiasme du public.

Pietari Inkinen

Autre bémol, c'était la présence intempestive d'une présentatrice qui accumula les banalités, les approximations et les balourdises sans vraiment parvenir à intéresser les profanes mais en réussissant parfaitement à exaspérer les connaisseurs.

Citation de Wagner

 

 

 

 

 

 

 

19 septembre 2017

FOIRE AUX VINS WAGNERIENS,SUITE ET FIN

Wagner trinquant avec ses amis

Dans Tristan et Isolde, le vin est le substrat dans lequel va être mélangé le contenu du flacon renfermant le philtre. Ceci n'est pas précisé dans les indications scéniques, mais un peu de logique permet de le justifier : les diverses fioles (poison, remèdes etc...) sont contenues dans un coffret, donc la contenance de chacune doit être assez faible et leur contenu doit être un liquide concentré. Il faut donc le mélanger avec un diluant pour le présenter comme un breuvage de volume convenable et de goût acceptable. D'ailleurs si on consulte le scénario en prose, on peut lire qu'Isolde "ordonne à Brangaine de préparer le breuvage de réconciliation qu'elle veut offrir à Tristan : un vin précieux que des marins leur ont une fois rapporté d'Italie" dans lequel Brangaine devra verser le philtre que sa maîtresse lui a désigné.

On peut en conclure sans risque que le contenu de la coupe que vont absorber Tristan et Isolde sera constitué d'une forte proportion de vin (rouge probablement) pour masquer le goût et la couleur de l'élixir. En fait les qualités gustatives du breuvage sont d'une importance très secondaire puisque les deux consommateurs vont l'absorber dans l'intention d'en finir avec la vie. Mais la suite va leur montrer que, l'effet mortel ne venant pas, la vie vaut peut être la peine d'être vécue. On ne peut exclure que l'effet euphorisant du vin ait influencé accessoirement leur comportement.

Bocksbeutel Tristan et Isolde

Tristan brut et doux

 Dans les références de la sphère vinicole à l'histoire de Tristan et Isolde, nous retiendrons particulièrement deux exemples : les produits du vignoble australien Brangayne et le Pomerol "Château Tristan".

Domaine Brangayne

Château Tristan

 D'autres spécimens sont plus marginaux :

Les marginaux

 L'allusion existe aussi avec des étiquettes qui mettent à profit le nom du vigneron (Champagne Tristan Hyest). Bien sûr le producteur de Sancerre qui s'appelle Mellot n'a pas recours à ce stratagème.

Tristan H

D'autre part, comte tenu du sujet, on ne peut négliger les préparations aromatisées à base de vin, du genre "philtre d'amour" :

Philtres d'amour

 Nous vous proposons deux digressions à même d'étancher votre soif de connaissance :

Château Tristan 1857

- A propos de l'étiquette "Kareol Te Aerdenhout" reproduite ci-dessus.

Karéol est le nom donné à la gigantesque villa Art Déco que s'était fait construire un banquier hollandais, Julius Carl Bunge (1865-1934). Elle se trouvait à Aerdenhout, un village près de Haarlem ; laissée à l'abandon, elle a été démolie en 1979. Bunge était un wagnérien fervent, tristanien passionné, président de l'association néerlandaise Wagner Vereeniging. L'étiquette correspond peut-être à une cuvée de sa réserve particulière, mais alors une remarque s'impose : en imaginant l'importance de sa fortune, on peut s'étonner qu'il se soit satisfait avec un modeste Bergerac.

villa Kareol

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- A propos du Château Tristan.

Pendant la saison 1990-91, l'Opéra de Lyon avait donné une production de Tristan et Isolde à l'Auditorium. On jouait très peu de Wagner dans ces années-là, de plus l'Opéra était en reconstruction, mais la direction avait tenu à faire un effort à l'occasion du Congrès International que nous avions organisé et qui vit la fondation du Richard Wagner Verband International. Dans l'exposition présentée dans le hall de l'Auditorium, nous avions placé dans une vitrine une bouteille de Château Tristan dont l'étiquette avait été maquillée, avec le millésime 1857 pour évoquer l'époque de la grande passion de Richard pour Mathilde Wesendonck. Cette bouteille avait excité la curiosité de nombre de visiteurs qui voulaient savoir si elle était bien authentique. Depuis, nous l'avons conservée comme une relique ce qui permet de vous la présenter aujourd'hui !

 

 

 

 Dans Parsifal, le vin tient une place qui relève du sacré, symbole de vitalité et de force consacré par la puissance du Graal. Cependant, la bénédiction qu'il reçoit n'opère pas la transsubstantiation qui selon l'Eglise catholique s'accomplit dans l'Eucharistie. C'est plutôt quasiment l'opération inverse puisque c'est le sang du Christ, réellement contenu dans le Graal, qui bénit le pain et le vin consommés par les chevaliers dans une agape solennelle.

Sans se préoccuper davantage des considérations dogmatiques, il n'empêche que la dénomination d'une bouteille évoquant Parsifal, Monsalvat ou le Graal, que ce soit par référence à la légende médiévale ou au festival scénique de Wagner, confère au vin une forme de grandeur qui doit inspirer le respect. De ce fait il n'est pas étonnant que les représentants soient particulièrement nombreux et de provenances variées.

Parsifal - contenants et contenu

Le plus simple était de vous les présenter en les classant par territoire d'origine : France, Italie, Espagne, Germanie et pays limitrophes.

France

Parsifal France

Italie

Parsifal Italie

Espagne 

Parsifal Espagne

Allemagne et Autriche 

Parsifal Allemagne Autriche

Luxembourg et Hongrie

Parsifal Luxembourg Hongrie

 En bonus, voici la plaisante dédicace de notre ami Detlef Roth, Amfortas à Bayreuth (2008-2012)

Rothwein

 

 

 

Nehmet vom Wein

Der Bühnenvorhang wird langsam geschlossen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 septembre 2017

FOIRE AUX VINS WAGNERIENS, SUITE

Saint Sylvestre 1840

 

Les rapports plus ou moins précis entre les vins et les oeuvres lyriques de Richard Wagner vont être le sujet de ce deuxième message oenophilique.

On laisse de côté les oeuvres de jeunesse (bien qu'il existe plusieurs références du genre "Clos des fées" ) pour se consacrer au dix chefs-d'oeuvre qui sont au répertoire du Festival de Bayreuth. Ce sera l'occasion de présenter diverses bouteilles sérigraphiées de vins de Franconie qu'on pouvait trouver pendant le Festival il y a quelques années (comme le temps passe... et le vin est aussi parfois passé !)

Bocksbeutel Festspielhaus et Hollander

Force est de constater que le Hollandais Volant n'est pas un sujet oenologiquement valorisant et on passe rapidement à Tannhäuser. Ici encore, on trouve peu de choses même en admettant une entorse orthographique (on a préféré écarter les dénominations ayant trait aux pèlerins et au pape).

Tannhäuser

Mais la situation est sauvée par Frau Venus qui a séduit l'imagination de maints vignerons.

Venus 1

domaine de vénus

Venus vins français

 Curieusement, Lohengrin qui est pourtant l'opéra le plus populaire de Wagner n'a guère eu les faveurs des amateurs de bouteilles mis à part des cuvées spéciales.

Lohengrin

Heureusement, il y a le cygne (pas que du blanc !) et aussi Elsa (grâce à l'European Law Students Association !)

Schwan

Le cygne et Elsa

 D'autre part, il sera largement question de Monsalvat quand on parlera de Parsifal.

Très peu de choses également pour les Maîtres Chanteurs, excepté des étiquettes "Eva" et un hommage particulier à Hans Sachs sous la forme d'un vin aromatisé.

Eva

Hans Sachs

En revanche, la Tétralogie est concernée par de nombreuses évocations surtout si on veut bien inclure celles sollicitant la légende des Nibelungen ou même des rapprochements bien hasardeux (sans toutefois aller jusqu'à l'anneau anti-gouttes!).

Or du Rhin

Walkyrie Siegfried

 Veuillez excuser les intrusions dysorthographiques

Rings-Valhalla

Rheingold-Walkyrie

Drachenblut étiquettes

Drachenblut bouteilles

Blutbruderschaft

Hagen et Siegfried

Siegfried et Brünnhilde

Brünnhilde sans Siegfried

Fin

Nous gardons pour une troisième séquence à venir Tristan et Parsifal, deux oeuvres dans lesquelles le vin tient une place éminente. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 juillet 2017

PERIPLE EN TERRES FAMILIERES

Notre sortie wagnérienne estivale nous a conduit d'abord à Zurich pour saluer notre vieille connaissance Armin Troesch et lui acheter quelques anciennes partitions qui pourront être utilisées pour un prochain concert de notre Cercle lyonnais.

Nous en avons profité pour aller photographier ce qui reste de la Pension Rinderknecht (56-58 Hochstraße) où Wagner écrivit le poème de la Walkyrie.

Ancienne pension Rinderknecht

La première halte était Oberammergau où nous avons vu, dans le Théâtre de la Passion (dont la capacité est de plus de 4000 places), la dernière d'une série de six représentations du Hollandais Volant. Le théâtre était bourré, ce fut un beau succès populaire, même si on pouvait regretter la sonorisation (toutefois indispensable vu la grandeur du théâtre) qui altère l'ambiance, mais c'était plus réconfortant qu'une salle à moitié vide dans une maison d'opéra prestigieuse.

Theâtre de la passion

Le spectacle était de grande qualité et tous les chanteurs furent à la hauteur de leur rôle. C'est le Hollandais de Gabor Bretz qui domina toutefois la production en donnant au personnage une dimension tant vocale que physique assez impressionnante. Il possède une très belle voix, ample et puissante qu'on aimerait bien entendre dans un vrai théâtre d'opéra. Sa partenaire, Iliene Kinca, fit également une admirable prestation. Bien que légèrement métallique dans les aigus (mais le chef d'orchestre avait choisi d'utiliser la version la plus aigue), sa voix est ample et  elle s'acquitta fort bien de ce rôle de Senta qui semble être son premier rôle wagnérien. Les autres interprètes, Guido Jentjens dans le rôle de Daland ou David Danholt dans celui d'Erik étaient aussi excellents. Une mention particulière peut être donnée à la Mary d'Iris van Wijnen. Ce rôle, neutre et souvent chanté par une artiste vieillissante, fut joliment interpreté par cette jeune chanteuse qui se prenait un peu pour Mary Poppins. Il faut dire que la scène du choeur des fileuses était transposée en une répétition de chorale dont Mary était le chef. Ce fut drôle et sympathique, sans aucune vulgarité. Il faut ajouter que si les solistes et les musiciens étaient tous sonorisés, les choristes ne l'étaient pas, et heureusement, car ils étaient 180 chanteurs amateurs de la région. La scène, pourtant très vaste, était donc bien remplie tant pour la scène des fileuses que pour celles des matelots. La mise en scène était sans prétention, adaptée au lieu scénique, mais fort respectueuse. L'orchestre de jeunes musiciens formant la Neue Philharmonie de Munich, suivit avec ardeur les injonctions du chef Ainars Rubikis mais sa performance se ressentit quelque peu des servitudes de la sonorisation.

Le Hollandais

 

 

Senta

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Erik et Daland

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mary

 

 

 

 

Ainars Rubikis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur la route de Munich, deux haltes s'imposaient : à Berg, près de la croix marquant l'emplacement où fut retrouvé le corps du roi Louis II, et non loin de là, à Kempfenhausen, à la Villa Pellet où résidait Wagner  en 1864 au début de son séjour dans le voisinage de son jeune protecteur.

La croix dans le lac

 

 

Plaque sur la croix

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapelle votive

Chapelle votive à Louis II

Villa Pellet

 

 

 

Plaque Villa Pellet

 

 

 

 

 

 

 

 

A Munich, nous avions eu l'idée d'assister à une représentation de l'opérette Wiener Blut, sans doute pour le plaisir d'écouter la musique charmante de Johann Strauss mais aussi parce que la représentation avait lieu au théâtre Cuvilliés. L'histoire de ce théâtre est la suivante : la merveilleuse décoration rococo qui était celle du Residenz Theater (là où eurent lieu les répétitions de Tristan en 1865) fut mise à l'abri dans les années quarante, et après les bombardements de la guerre, reconstruite dans un autre endroit du palais de la Résidence. On passe sur le spectacle lui-même, bon enfant, mais de qualité, en disant seulement qu'on a passé un bon moment et pris des photos de la salle.

Theâtre Cuvilliés

Nous joignons la photo de la plaque marquant l'emplacement de la villa occupée par Wagner dans la Briennerstraße, en face de la Lenbach Haus.

Briennerstrasse 37

 

Le lendemain, le temps pluvieux persistant nous a incité à aller au cinéma pour suivre la retransmission, en léger différé, des Maîtres Chanteurs, spectacle d'ouverture du Festival de Bayreuth, dans une mise en scène de Barrie Kosky. Le "concept" était double : insister sur l'investissement personnel de Richard Wagner dans ses personnages (à la fois Sachs, Walther et même plus douteusement David) et aussi étaler des allusions plus ou moins fines sur l'antisémisme proto nazi dont s'est rendu coupable l'auteur de l'ouvrage. Nous ne voulons pas rendre compte du résultat en imitant les circonlocutions douteuses, façon danse du ventre, des critiques plus ou moins professionnels qui n'ont pas forcément apprécié mais qui n'osent pas le dire. 

Maitres au cinéma

Le permier acte, dans la salle de Wahnfried, où les personnages sont Wagner, Cosima, Liszt, Hermann Levi (allez savoir pourquoi !) est assez virtuose théâtralement, on pourrait dire cinématographiquement, ce qui fait que la musique y prend des allures de musique de film et que la performance de l'orchestre de Philippe Jordan passe à peu près inaperçue. Le deuxième acte est bâtard, et le troisième (dans la salle du tribunal de Nuremberg) est carrément raté.

Côté chanteurs, avec les réserves qu'impose la retransmission télé, il n'y a que des éloges à adresser à Michael Volle (Sachs), Johannes Martin Kränzle (Beckmesser), Daniel Behle (David) et Klaus Florian Vogt (Walther) avec les réticences habituelles pour ce dernier. Mais l'erreur de casting monumentale est l'Eva d'Anne Schwanewilms, coquette minaudière et largement sur le retour, peut-être proche d'une Cosima de pacotille mais totalement hors d'état pour incarner la jeune fille amoureuse, innocente mais passionnée, rouée mais pure et fraîche. Sur le plan vocal, elle est tout aussi insuffisante et on se perd en conjectures sur le choix de cette artiste dont on a pu naguère apprécier les qualités.

Remarques annexes : la belle salle de cinéma où nous étions n'était remplie qu'à 25-30%. Pendant les entractes, nous avons eu droit à quelques interventions d'une triste banalité et nous avons pu constater que le présentateur allemand était aussi niais et incompétent que ses collègues français.

Le jour d'après, direction Bayreuth où, à Wahnfried, Oswald Georg Bauer présentait son dernier ouvrage sur Wieland Wagner. Nous avons revu avec plaisir celui dont nous avions fait la connaissance il y a quarante ans à l'époque de la rédaction des "Rendez-vous wagnériens" alors qu'il dirigeait le bureau de presse du Festival. A cette présentation assistaient les trois enfants de Wieland : Wolf-Siegfried; Nike et Daphné (Iris est décédée en 2014).

Le musée présente une exposition didactique très documentée sur le travail de metteur en scène de Wieland en cette année du centenaire de sa naissance.

naissance de Wieland

 

 

Meistersinger 1956

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Costumes 1

costumes 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la salle des trésors de Wahnfried, sont présentés les originaux des travaux de préparation du poème et de la musique des Maîtres Chanteurs ainsi que le manuscrit de la partition définitive prêtée par le Musée National Germanique de Nuremberg à l'occasion de la nouvelle production du Festival.

Partition manuscrite

 

Notre petit circuit nous a fait repasser au bord du lac de Zurich pour notre visite annuelle d'amitié à Christine Wille dans sa belle propriété de Mariafeld.

Nous avons terminé à Mornex en Haute-Savoie où Wagner séjourna en 1856 pour soigner son érésypèle (voir "Un patient nommé Wagner" de Pascal Bouteldja p.88-93) et y photographier l'inscription fameuse sur le Pavillon des glycines. Dans le voisinage, l'établissement de soins du Dr. Vaillant a maintenant fait place à une construction luxueuse, propriété bien gardée d'une altesse orientale.

Maison de Mornex

Plaque sur la maison de Mornex

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi va la vie... wagnérienne...