La vie wagnérienne

26 mars 2017

LES 35 ANS DU CERCLE RICHARD WAGNER-LYON (suite)

DEUXIEME ACTE : JOURNEE A L'OPERA

La journée a été longue et belle.

Dès 14 heures, un nombreux public, composé en grande partie par les membres des Cercles Wagner, était présent dans l'Amphithéâtre de l'Opéra pour assister à la conférence-récital présentée par le Cercle Richard Wagner de Lyon.

Programme conférence-récital 1

Programme conférence-récital 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les artistes

Christian Merlin

Pascal Bouteldja avait bien fait les choses pour choisir les intervenants, ce qui nous a valu une conférence de haute tenue, malheureusement trop courte, de Christian Merlin. Comme à son habitude, il fut brillant et enjoué, précis et clair mais non simpliste et il reçut de l'assistance une ovation comme on en entend rarement pour un conférencier.

 

Vint la partie musicale dont vous pouvez lire le programme plus haut.

HJördis Thébault

 

Nobuyoshi Shima, pianiste

 

Hjördis Thébault a bien des qualités, car en plus d'être une cantatrice au talent délicat et consciencieux, dotée d'une voix belle et ample, elle est aussi responsable de la maison d'éditions Symétrie (celle de Pascal Bouteldja et de notre membre d'honneur Michal Mrozowicki), et enfin elle est membre de notre Cercle lyonnais, démontrant de la plus belle façon le sens qu'il faut donner au titre de membre actif en nous offrant ce magnifique récital. Son accompagnateur Nobuyoshi Shima fit apprécier sa délicate maîtrise en interprétant sa propre transcription du Siegfried Idyll. L'accueil enthousiaste de l'auditoire fut récompensé en bis par un éclatant "Dich teure Halle".

Deux heures plus tard, devant une salle archi-comble, Hartmut Haenchen levait la baguette pour entraîner son orchestre.

L'interprétation d'ensemble a été une grande réussite. Outre les excellents Roi Marke, Brangäne, Kurwenal, Melot, Berger déjà appréciés lors de la Première du 18 mars, Ann Petersen fut une Isolde vocalement convaincante à défaut d'être ce qu'on appelle "une grande tragédienne lyrique". La surprise a été la remarquable prestation de Daniel Kirch en Tristan, impeccable dans le duo du deuxième acte et vraiment remarquable d'engagement et de vaillance tout au long du troisième acte. On redira avec plaisir l'éminente qualité de l'ensemble orchestral et on louera encore l'ardeur, la fougue et la délicatesse du Maestro Haenchen. Il y a des jours où on est enclin à penser que la qualité du public contribue à la réussite d'un spectacle. C'était le cas hier soir, ce qui vaut bien des félicitations à nos amis wagnériens qui ont su entraîner l'ensemble des auditeurs dans une écoute attentive et passionnée.

Tristan et Isolde

Hartmut Haenchen

S'il fallait formuler un bémol, ce serait vis-à-vis de l'organisation des entractes où il faut, dans la cohue, faire une queue interminable pour obtenir un rafraichissement servi par un personnel complètement dépassé. Quand on a pu rassembler des musiciens d'orchestre d'une telle qualité, il doit bien être possible d'organiser convenablement le service de la "limonade"...

 

Philtre Perrier

 

 à suivre...

 

 

 

 

 

 

 


25 mars 2017

LES 35 ANS DU CERCLE RICHARD WAGNER-LYON

PREMIER ACTE : RECEPTION A L'HÔTEL DE VILLE

Magnifique réception dans les Salons rouges de l'Hôtel de Ville de Lyon pour les membres des Cercles Richard Wagner de Leipzig et de Lyon en ce vendredi 24 mars, en prélude aux festivités musicales du week-end.

Madame Myriam Picot, vice-présidente déléguée à la culture, accueillit chaleureusement les invités.

Myriam Picot

 Les présidents Pascal Bouteldja et Thomas Krakow insistèrent sur l'engagement efficace de leurs deux associations pour le rayonnement de l'art wagnérien, se félicitant de l'heureuse et amicale coopération qui les rassemble.

Pascal Bouteldja

Thomas Krakow

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais la plus belle surprise de la soirée fut la présence du Maestro Hartmut Haenchen qui précisa dans son allocution que la version de Tristan qu'il présentait à l'Opéra de Lyon était conforme aux dernières modifications apportées par Richard Wagner pour les représentations de Vienne avec de nombreux changements de détail au troisième acte et bien sûr l'intégralité du duo du deuxième acte, version qui était donnée certainement pour la première fois à Lyon.

Hartmut Haenchen

Quelues photos-souvenirs des présidents et du Maestro.

Les deux présidents

Les trois chefs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pose devant le poster

Les cadeaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après des échanges de cadeaux sous les applaudissements de l'assistance, tout le monde se retrouva autour du buffet dans un climat détendu et cordial témoignant de la parfaite réussite de cette rencontre.

 

 

 

le cocktail

coktail bis

Coucou ! cest moi... j'avais envie d'être aussi sur ces photos...

C'est moi

 

 à suivre...

 

 

 

 

 

19 mars 2017

TRISTAN ET ISOLDE A L'OPERA DE LYON

Ce samedi 18 mars, c'était la Première de Tristan et Isolde à l'Opéra de Lyon reprenant la mise en scène d'Heiner Müller, proposée à Bayreuth il y a une bonne vingtaine d'années.

La distribution, comme cela arrive trop souvent avec cette oeuvre, était dominée par les rôles secondaires : Excellent roi Marke de Christof Fischesser ; parfaite Brangäne d' Eve-Maud Hubeaux dont les appels chantés du haut du théâtre furent du plus bel effet ; le Kurwenal sonore d'Alejandro Marco-Buhrmester manqua par trop de nuances.

Les deux protagonistes se trouvaient l'un et l'autre en difficulté pour des raisons différentes. Ann Petersen, annoncée comme souffrante, dut souvent se ménager, surtout dans le médium, et sauva les apparences par des aigus sonores mais souvent un peu forcés. Elle a eut bien du mal à donner de l'éclat à son grand air final. Daniel Kirch, artiste courageux mais intrinsèquement dépassé par le rôle de Tristan dans lequel il débutait, se ménagea dans les deux premiers actes, donna son maximum dans la première partie du troisième, et termina moribond (mais ce n'était pas dans le seul but de rendre plus crédible l'agonie de Tristan). On leur souhaite bonne chance à tous les deux pour la suite des représentations.

Brangäne

Isolde

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tristan et Kurwenal

Marke et Brangäne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hartmut Haenchen Isolde et Brangäne_modifié-1

Le héros de la soirée a été l'orchestre, admirable d'engagement et de souplesse, guidé par un grand chef, Hartmut Haenchen, élégant, dynamique et lyrique à souhait. On pourrait lui reprocher d'avoir libéré ses troupes au risque de couvrir les chanteurs, mais c'est finalement une bonne tactique quand ceux-ci sont en difficulté !

Quant à la mise en scène, triste et terne, au symbolisme plus emphatique qu'efficace, elle avait au moins le mérite de nous permettre d'écouter sereinement la musique et de nous épargner d'outrageantes extravagances. Mais, valait-elle la peine d'être ressuscitée ?

 

 

 

 

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12 mars 2017

JOURNEE WAGNER-STRAUSS

Samedi 11 mars, le Cercle Richard Wagner-Lyon proposait à la Bibliothèque Municipale une journée complète Wagner-Strauss avec deux conférences données par le musicologue universitaire Jean-Jacques Velly.

Le matin, le sujet était "Richard Strauss interprète de Wagner" traité par le conférencier avec maîtrise et clarté, soulignant l'attachement profond pour l'oeuvre de Wagner que Strauss manifesta toute sa vie, son engagement pour l'établissement d'un style d'interprétation (sous la houlette de Hans von Bülow et de Cosima Wagner), ce qui ne veut plus dire grand chose aujourd'hui puisque le style en question est ce qui gouverne d'une manière générale les interprétations actuelles mais qui, à la fin du XIXème siècle, restait encore à fixer.

Jean Jacques Velly

 

Strauss chef d'orchestre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Richard Strauss fréquenta le Festival de Bayreuth d'abord en spectateur puis comme assistant musical et enfin comme chef d'orchestre en 1894 (il n'avait alors que 29 ans). Il n'y revint que bien plus tard, en 1933 et 34, pour diriger Parsifal. Sur la raison de cet éloignement prolongé, on peut invoquer une évidente rivalité, voire jalousie, de la part de l'héritier Siegfried Wagner. Ajoutons que Richard Strauss dirigea à Bayreuth, le 4 août 1933, la Neuvième Symphonie de Beethoven en célébration du cinquantenaire de la mort de Wagner. C'était la première fois qu'on jouait cette oeuvre dans le Festspielhaus.

Pour illustrer l'art de Strauss chef d'orchestre, voici trois timbres-poste qui le représentent baguette à la main.

Strauss 1

Strauss 3

 

 

Strauss 2

Rendons hommage à la mansuétude de l'Eglise : la Poste Vaticane n'a pas hésité à honorer Strauss qui était pourtant d'un athéisme intransigeant.

déjeuner

Après une pause-déjeuner fort agréable prise dans les hauteurs du "Crayon", nous nous sommes retrouvés l'après-midi pour écouter Jean-Jacques Velly développer le thème : "De Tristan à Elektra. L'itinéraire de la modernité" qui s'inscrivait en préambule aux représentations prochaines de ces deux oeuvres à l'Opéra de Lyon. Itinéraire certes périlleux que Richard II a emprunté d'abord avec une oeuvre épigonale, "Guntram" dont il écrivit lui-même le livret. Puis il connut deux grands succès à scandale avec Salomé et Elektra, enflammées par une violence extrême à tous points de vue mais dont l'excès lui-même aboutissait à une impasse. Strauss s'en sortit par d'autres chemins dont la première étape fut "Le Chevalier à la rose".

C'est le moment de rapporter l'anecdote d'un dialogue entre Siegfried Wagner et Richard Strauss qui souffraient l'un pour l'autre d'une incompatibilité d'humeur. Celle-ci remontait d'ailleurs à la génération précédente puisque Franz Strauss resta toute sa vie un adversaire farouche de Wagner : 

- Siegfried Wagner : Mon père est comme le sommet d'une montagne au-delà de laquelle personne ne peut aller.

- Richard Strauss : Moi, j'ai trouvé une solution. J'en ai fait le tour !

Terminons cette petite chronique par l'image de notre conférencier posant fièrement à côté de la nouvelle bannière du Cercle, ce roll-up que le président, Pascal Bouteldja, présentait pour la première fois à l'occasion de cette journée.

Velly et le roll-up

 

 

 

 

 

 

 

27 février 2017

TANNHÄUSER A MONTE CARLO, LE FLOP D' UN MUST

Annoncé comme un événement, la résurrection du Tannhäuser, version de Paris chantée en français, en était bien un, mais sa réalisation a été ratée au point qu'elle repousse très loin dans le temps toute tentative ultérieure analogue.

L'idée était certes séduisante, mais comment s'y prendre une fois qu'on a considéré l'état des lieux. Une disparition remontant aux années 1950, cela signifie qu'il n'y a plus de "tradition", c'est-à-dire plus de professeurs, de chefs de chant, d'interprètes rompus à ce style. Alors il faut faire appel à des débutants, des novices, fussent-ils expérimentés et talentueux dans d'autres domaines.

Facteur aggravant, le metteur en scène désireux de gommer toutes les références "historiques" qualifiées de kitsch, s'est aventuré avec de gros sabots dans les ornières d'un regie theater mal digéré teinté du pire mauvais goût. Ce serait faire beaucoup d'honneur à son "travail" que de recenser ses trouvailles qui ne dépassent pas le niveau de gags prétentieux et dérisoires, mais qui sont tellement incongrues qu'elles suscitent plus l'ironie que la colère. Les costumes sont hideux, les décors insignifiants, la chorégraphie de la bacchanale digne du gala d'une école de danse de chef-lieu de canton.

Côté musical, un seul interprète émerge avec noblesse, c'est Steven Humes dans le rôle du Landgrave, qui, comme par coïncidence est le seul qui soit un habitué du répertoire wagnérien. Jean-François Lapointe se tire adroitement du rôle de Wolfram, sans cependant faire oublier ses glorieux devanciers dont notre inoubliable ami et membre d'honneur, Ernest Blanc.

Salut 2

Les deux dames nous ont plus d'une fois écorché le tympan avec des forte hurlés accentués peut-être par le dispositif scénique en coupole produisant parfois de curieux effets de réverbération ou de sonorisation.

La déception vient surtout de José Cura qui s'est aventuré inconsidérément dans ce rôle de Tannhäuser, un des plus redoutables du répertoire wagnérien. Alors il y a eu des coupures, des passages à vides (finale du 2ème acte), et toujours l'impression de voir et d'entendre Canio ou Turridu égarés dans les sphères du romantisme médiéval.

Salut 3

 

Reste le cas de Nathalie Stutzmann qui n'a pas démérité. Mais, encore une fois, il faut souligner la témérité de l'entreprise. Sa direction était claire, précise, presque innocente en ce sens qu'elle n'avait pas l'épaisseur nécessaire et s'est révélée incapable d'entraîner l'ensemble. Jamais au cours de la représentation on n'a senti passer le souffle émotionnel et passionné qui entraîne le spectateur à s'associer au drame qui se joue sous ses yeux.

Salut 1

salut final

La grande satisfaction de la soirée était plus d'ordre sentimental qu'artistique, plus d'ordre personnel fût-il collectif : c'était le plaisir de retrouver les amis wagnériens des Cercles français (et flamand !) tout simplement heureux d'être là et curieux d'un Tannhäuser en français, une occasion unique mais qu'on aurait préférée meilleure.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 février 2017

TANNHAUSER EN FRANCAIS : MEPRISE POUR UNE REPRISE

On peut voir sur youtube Jean-Louis Grinda, directeur de l'Opéra de Monte-Carlo et metteur en scène de la production qu'il y monte actuellement, déclarer avec assurance que Tannhäuser n'a jamais été redonné en français depuis l'échec des représentations à l'Opéra de Paris en mars 1861.

Qui l'eut crû ! Voilà de quoi offenser la mémoire des valeureux artistes qui se sont illustrés dans cette oeuvre jusqu'à la fin des années 1950 dans les maisons d'opéra de France, de Belgique et aussi certainement de Monaco.

 

Autre exemple de bouffonnerie, c'est ce résumé de l'histoire proposé au moment de la projection dans les salles de cinéma du Tannhäuser du Met :

Texte de présentation

 

Pour se consoler, n'est-il pas plus réjouissant de contempler cette image délicieusement passéiste ?

Tannhäuser d'Emmanuel Oberhauser

 

fin

 

 

 

 

 

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12 février 2017

DEUX EXPERTS POUR UNE JOURNEE ECLECTIQUE

Samedi 11 février, le Cercle Richard Wagner-Lyon avait investi la salle des conférences de la Bibliothèque Municipale au profit de ses adhérents mais aussi du public lyonnais venus pour écouter deux conférences que rien ne reliait si ce n'est la qualité des deux intervenants, tous deux adhérents de notre Cercle.

Le matin, c'était le brillantissime et si sympathique Philippe Berthier qui présentait son dernier opus "Toxicologie wagnérienne - Etudes de cas" (Ed. Bartillat, 2016) dans lequel il passe en revue les romans wagnériens européens de la fin du XIXème et de la première partie du XXème siècle.

Philippe Berthier

Philippe s'exprime, à l'oral comme à l'écrit, dans un français flamboyant avec une élégance, une verve, un humour inimitables qui lui ont valu, comme toujours, de recueillir la reconnaissance enthousiaste de l'auditoire. Son livre n'étant pas illustré, sinon par la page de couverture reproduisant le portrait photographique sévère d'un Wagner relevant de maladie, je vous propose les portraits des auteurs les plus fameux de ces romans ou nouvelles qui témoignent de l'engouement exceptionnel que suscita l'oeuvre de Wagner à cette époque.

Gabriele D'Annunzio

Colette

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Thomas Mann

Frank Wedekind

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Blasco Ibañez

 

 

D

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arthur Schnitzler

Lucien Rebatet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En reprenant une possible citation de François Mitterand à propos des Deux Etendards, on pourra dire bientôt :     "Il y a deux sortes de wagnériens : ceux qui ont lu Toxicologie Wagnérienne... et les autres".

 

 

L'après-midi, Marc Adenot, notre vice-président, nous a longuement entretenus sur le thème "Le Vaisseau Fantôme: de la légende à l'opéra", en un exposé très complet, clair et richement documenté, agrémenté par la projection d'images rares.

Comme Marc ne s'est pas départi de son sérieux ni de sa réserve naturelle, nous proposons de compléter sa savante et superbe intervention par quelques figures facétieuses qui illustrent de manière marginale le mythe du Hollandais Volant.

Donald

Caravane

 

 

 

 

 

 

 

 

Footeux voltigeur

 

 

 

 

 

 

 

KLM

 

KLM bis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rieu

 

 

 

 

Tabac

Rhum

Richi regarde

 

 

 

 

 

 

30 janvier 2017

LA VERSION FRANCAISE DE TANNHÄUSER

La prochaine production de Tannhäuser à l'Opéra de Monte-Carlo, dans la version dite de Paris, chantée en langue française, nous amène à faire un retour sur les fameuses représentations à l'Opéra de Paris (salle de la rue Le Peletier) en mars 1861. Curieusement, et comme ce sera le cas à Monte-Carlo en 2017, l'Opéra n'avait pas pu s'assurer la participation de chanteurs français puisque Albert Niemann (Tannhäuser) était allemand, Fortunata Tedesco (Vénus) et Ferdinand Morelli (Wolfram) étaient italiens et Marie Sax (Elisabeth) était belge.

Affiche de la Première bis

 

 

Affiche de la Première 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Affiche de la Première bis 2

Affiche de la Première

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Albert Niemann

Fortunata Tedesco

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                           

Ferdinand Morelli 2                                                         

 

Marie Sasse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Salle rue Le Peletier

Cette image est inédite pour la bonne raison que c'est un montage d'une illustration d'époque

de la salle et du décor du deuxième acte.

 

Nous rendons hommage à deux collaborateurs de Wagner : le traducteur Charles Nuitter et le Maître de ballet Lucien Petipa.

En exergue de la partition 1

Charles Nuitter

 

 

 

 

 

 

 

En exergue de la partition 3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lucien Petipa

 

La cabale

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Richard, lui, rendit hommage à Madame Camille Erard (qui succéda à son mari Pierre Erard à la direction de la fabrique de pianos) en lui dédiant la partition de Tannhäuser en version française. Elle le méritait bien pour lui avoir offert le piano sur lequel il composa Tristan (aujourd'hui au musée Richard Wagner de Lucerne).

En exergue de la partition 2

Il faut aussi, en matière d'hommage, en rendre un particulièrement justifié aux Cercles Richard Wagner français pour avoir fait apposer une plaque commémorative sur l'immeuble où Wagner habita au 3 de la rue d'Aumale.

3 rue d'aumale

A l'opposé, c'est une sévère remontrance que nous avons à adresser à Martin Gregor-Dellin sans vouloir par trop troubler le repos de son âme. Mais il est difficile de supporter autant de sottises et d'erreurs en une seule phrase comme on en trouve une à la page 459 de sa volumineuse biographie :

"On avait obtenu le concours de Mme Tedesco, une juive, dans le rôle de Vénus. Marie Sax, la fille du célèbre facteur d'instruments de musique qui fournit plus tard des saxhorns et saxophones pour la scène des cors de chasse, chantait Elisabeth et le célèbre chorégraphe Marius Petipa se chargea de la chorégraphie de la bacchanale qui restait encore à composer"

Nous nous autorisons les commentaires suivants : 

- Il est franchement débile ou lourdingue de préciser la judaïté de Madame Tedesco qui n'a pas dû beaucoup influencer son interprétation de la déesse païenne.

- Il est totalement faux de dire que Marie Sax était la fille de l'inventeur du saxophone ; au contraire Adolphe Sax la pria de bien vouloir reprendre son véritable nom qui était Sasse. 

- L'erreur est vraiment grossière de confondre le célèbre chorégraphe Marius Petipa qui a fait toute sa carrière à Saint-Pétersbourg avec le maître de ballet de l'Opéra de Paris à l'époque de Wagner qui était le frère ainé de Marius, Lucien Petipa. Quant à dire qu'il se chargea de la chorégraphie de la bacchanale qui restait encore à composer, nous préférons tout de même penser que Lucien Petipa attendit d'avoir connaissance de la dite musique avant d'en faire l'interprétation chorégraphique.

Fermez le ban !

En matière de représentation de Tannhäuser en français, nous mentionnons par scrupule et pour mémoire celle donnée à Clermont-Ferrand le 30 novembre 2013, malheureusement dans des conditions artistiques et matérielles assez précaires. Nous en avions rendu compte dans ce blog.

Et pour finir à la manière dont Caton l'Ancien terminait ses discours au Sénat romain, nous tenons à rappeler que Tannhaüser n'a pas été joué à l'Opéra de Lyon depuis 45 ans (nous disons bien quarante-cinq ans).

 

reviens-quand-tu-veux-02

 

 

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24 janvier 2017

METALLURGIE WAGNERIENNE

Lors de sa dernière réunion, le Cercle Richard Wagner - Lyon recevait le musicologue Mathieu Schneider pour une conférence intitulée "Représentation et dignité du minéral dans l'univers wagnérien".

Le sujet concernait en grande partie la Tétralogie de l'Anneau du Nibelung et le problème s'est posé de savoir si les deux objets magiques d'Alberich, l'Anneau et le Tarnhelm, étaient constitués du même métal à savoir l'or dérobé dans le Rhin. L'hypothèse peut apparaître plausible si on considère que le pouvoir tout à fait extraordinaire du Tarnhelm est tout aussi prodigieux que celui de l'anneau. De plus, on peut estimer qu'après avoir confectionné l'anneau, Alberich a dû avoir encore de l'or en reste. En cas de doute, le mieux est de chercher la solution en consultant scrupuleusement le livret. Et alors, le doute n'est plus possible : les deux objets ne sont pas du même métal, comme deux passages le précisent :

- Dans la troisième scène du Rheingold, Mime explique à Loge et Wotan qu'il a façonné le Tarnhelm à partir de minerai : "das aus Erz ich wob".

- Et surtout dans la deuxième scène du Crépuscule, la didascalie indique que Siegfried désigne "les mailles d'acier qui pendent à sa ceinture" selon la traduction française de Françoise Ferlan. En allemand "das stählende Netzgewirk".

Le Tarnhelm est donc en acier, ce qui est évidemment plus logique. En effet, on imagine mal Alberich confiant une partie de l'or à Mime.

tarnhelm

Illustration de la légende des Nibelungen par Julius Schnorr von Carolsfeld :

Siegfried terrasse Alberich et s'empare de la Tarnkappe

 

Un autre thème métallurgique qui intéressa beaucoup Wagner est celui de Wieland le forgeron. Après avoir terminé son Lohengrin, il ébaucha de manière à peu près simultanée trois projets dramatiques : Jésus de Nazareth, Wieland le forgeron et la Mort de Siegfried. Ce dernier sujet le retint davantage et il en écrivit un livret complet versifié. Siegfrieds Tod est à la base de ce qui devint la Tétralogie et une grande partie du texte se retrouve "copié-collé" dans le poème du Crépuscule des dieux.

Cependant, Wieland ne fut pas tout de suite abandonné. Wagner a eu, pendant un temps, le projet de faire versifier en français son scénario pour le proposer à l'Opéra de Paris. L'affaire ne fonctionna pas. Par la suite il renonça au sujet pour lui-même mais le proposa, vainement d'ailleurs, à Liszt, à Berlioz et à d'autres qui tous déclinèrent l'offre. Cependant, le thème du héros qui se libère en se forgeant des ailes lui tenait à coeur, et il le développa à la fin de son essai "L'oeuvre d'art de l'avenir" comme exemple de ce que peut créer la poésie populaire. L'esquisse en prose a de plus été publiée dans le tome III de ses Oeuvres complètes.

On en trouve aussi une référence indirecte dans la dernière partie du chant d'épreuve de Walther von Stolzing qui malheureusement se perd dans le brouhaha du final de l'acte I des Maîtres Chanteurs. Un oiseau merveilleux aux ailes d'or invite le coeur du poète à s'envoler grâce aux ailes que lui a procuré la nécessité (ou si on préfère, la détresse) "der Not entwachsen Flügel" ; ce qui ne peut manquer de faire penser à l'Albatros de Baudelaire.

Bien plus tard, à Wahnfried, quand le Maître pensait à des projets musicaux d'ouvertures ou de symphonies, il évoquait encore le sujet de Wieland. Cela ne se réalisa pas.

En revanche, d'autres compositeurs s'y sont attelés : c'est ce que nous apprend la consultation de Wikipedia. Certes ces oeuvres et leurs auteurs sont complètement oubliés ce qui est une bonne raison pour les mentionner. Deux opéras sont intitulés Wieland der Schmied : un de l'allemand Max Zenger datant de 1880, donc du vivant de Wagner ; l'autre, un peu plus tardif, du slovaque Jan Levoslav Bella, auxquels il faut ajouter un poème symphonique de l'autrichien Siegmund von Hausegger. Il paraîtrait même qu'un autre autrichien célèbre, ayant eu des ambitions artistiques dans sa jeunesse, aurait alors commencé une oeuvre dramatique sur le thème de Wieland le forgeron : c'est Adolf Hitler.

Pour terminer, il nous faut encore signaler, parce que nous avions à l'époque connu personnellement le personnage, le travail exclusivement littéraire d'un pieux admirateur du Vieil Enchanteur, encore un autrichien, Egon Wayrer-Fauland qui fit paraître en 1983 le texte d'un drame en trois parties qui est la mise en forme versifiée du scénario en prose de Wagner.

Wieland Egon Wayrer Fauland

 

WOLVolundTakesFlight

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Accessoire à recommander par ces temps de grand froid

bonnet

 

 

 

 

 

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12 janvier 2017

BAGATELLES ET PECCADILLES TRISTANIENNES

En ce triste temps des soldes et pour anticiper sur la conception moroso-glauco-distanciée façon Heiner Müller qui sera proposée en mars à l'Opéra de Lyon, voici quelques évocations extravagantes, pas toujours très fines, mais dont le but évident est de susciter le sourire, voire l'hilarité, même au risque de causer le mépris et l'indignation chez les plus délicats. Et le risque est grand tant la délicatesse des wagnériens est chose bien connue.

Commençons par le résumé des trois actes de l'action vue par Klaus Häring, non sans être remonté au préalable jusqu'à la source...

La source

ni avoir envisagé de possibles références historiques

référence historique

Résumé 1

 

Résumé 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Résumé 3

Pour illustrer le fait que l'humour a ses particularités selon les peuples, il est possible d'en proposer des exemples variés :

     - L'allemand à l'ancienne :

l'allemand à l'ancienne 2

l'allemand à l'ancienne 3

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

l'allemand à l'ancienne 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 - L'allemand plus moderne :

L'allemand plus moderne

     - L'humour anglo-saxon :

Humour anglo-saxon 1

Humour anglo-saxon 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 - La variante espagnole :

Variante espagnole

     - La version française :

Version française

Dans le cadre des transpositions toujours si prisées des esprits curieux, on peut proposer :

     - La façon "Et lux perpetua"

façon Et lux perpetua

     - La façon "Dolce Vita"

Façon Dolce Vita

    - La façon "Tout bien réfléchi"

Façon tout bien réfléchi

    - La façon "Cha-cha-cha"

Façon cha-cha-cha 2

 

Façon cha-cha-cha1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- La façon "Pompes funèbres"

Façon pompes funèbres

- La façon "Singing in the rain"

Façon Singing in the rain

     - La façon "Chant de navet" (Brigitte Bardot interprétant la Mort d'Isolde dans le film "Futures vedettes")

Façon chant de navet

     - La façon "Diva assoluta bis in den Tod"

Façon diva assoluta bis in den Tod

 

 

 

 

Tristan fin 2

 

 

 

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