WAGNER A ZURICH

 

Wagner a séjourné à Zurich durant neuf années entre mai 1849 où, fuyant la Saxe il se réfugie en Suisse et août 1858 où, fuyant son impossible amour pour Mathilde Wesendonck, il se réfugie en Italie. Il occupa différents logements dont les plus importants sont les Maison Escher au Zeltweg (rue de Zurich) au numéro 11 de 1851 à 1853 et au numéro 13 de 1853 à 1857. Et ensuite l'Asile, à côté de la Villa Wesendonck.

Les maison Escher furent les premiers immeubles construits à Zurich. Leur propriétaire, Madame Stockar-Escher, était un peintre amateur talentueuse et a laissé deux belles aquarelles, très connues, de Richard et Minna. Ces maisons existent toujours, elles ont même été restaurées et une plaque, sur la façade, rappelle le passage du Maître.

Minna par Mme Stockar-Escher

Richard Wagner par Mme Stockar-Escher

 

Maisons Escher

Malheureusement, en septembre 1857, un ferblantier s'installe en face de chez lui et martèle toute la journée dans un vacarme assourdissant. Incapable de travailler dans ces conditions, et à bout de nerfs, Wagner confie à Otto Wesendonck son souhait d'une demeure calme et isolée. Celui-ci lui propose de l'héberger dans une petite maison à côté de la villa qu'il est en train de se faire construire. Wagner accepte avec joie et baptise cette maison l'Asile. Il y vivra un peu plus d'un an d'avril 1857 à août 1858.

Cette maison habitée par Wagner, appelée maintenant Villa Schönberg, n'a pas été démolie mais agrandie et englobée dans la construction actuelle. Elle ne se visite pas. A droite de la façade on peut cependant voir le balcon qui était celui du cabinet de travail de Wagner. Quand on arrive dans le parc de cette villa on est accueilli par un buste du Maître, sous les arbres, dû à Fritz Schaper (un exemplaire identique se trouve à l'intérieur du Musée de Tribschen et on peut en voir une réplique en pierre dans les jardins publics de Venise). Ce buste se trouvait autrefois dans le parc de la propriété de la famille Wille à Mariafeld et c'est Jurg Wille qui a demandé à ce qu'il soit mis ici pour rappeler le séjour de Wagner.

 

L'Asile de Wagner

 

buste de Fritz Schaper

Le balcon

Le bâtiment qui se visite aujourd'hui est la villa Wesendonck qui, comme je l'ai expliqué dans le chapitre sur Mariafeld, a été transformée en musée des civilisations extra-européennes et s'appelle Musée Rietberg. Sur le côté de la villa, une annexe au musée a été construite et la villa Schönberg est maintenant une dépendance du musée. La villa, construite sur le modèle italien est entourée d'un très grand parc devenu jardin public. Si vous visitez le musée qui est un des plus fameux de sa catégorie, vous ne trouverez hélas aucun meuble, objet ou souvenir wagnérien. Vous pourrez cependant admirer le fameux vestibule où Wagner donna des concerts pour Noël 1857 et Pâques 1858. Enfin, tout près de l'entrée de la villa, vous pourrez voir le monument funéraire du petit Guido, fils des Wesendonck, mort à l'âge de trois ans.

Les Wesendonck prirent possession de leur villa à la fin du mois d'août 1857 et Wagner y fit des visites très, voire trop fréquentes ce qui occasionna quelques heurts entre les deux hommes. Mais Otto, bien que flatté de l'amitié de Wagner, était plus absorbé par ses affaires que par le grand artiste et Wagner, qui venait de commencer d'écrire le poème de Tristan, était plus absorbé par Mathilde que par Minna...  Tout le monde connaît la suite. La jalousie de Minna obligea Wagner à quitter son Asile et à partir pour Venise où il composa le deuxième acte de Tristan. Le troisième acte, comme vous l'avez lu précédemment, a été composé au Schweizerhof de Lucerne... Dans le parc de la Villa Wesendonck se trouve une stèle décorée d'une lyre, qui dit que Wagner vécut là d'avril 1857 à août 1858 et qu'il y travailla à Siegfried et à Tristan sous la protection des Wesendonck. C'est également là que Wagner composa la musique de ses lieder dont les paroles sont de Mathilde Wesendonck. Wagner partit de son Asile le 17 août.

 

Le corridor

La Villa Wesendonck

 

La stèle dans le parc

monument funéraire du petit Guido

 

 

Pour terminer je vous signale une curiosité qui se trouve non loin des Maisons Escher. C'est un Wagner en pied en aluminium, réalisé par le scupteur Thomas Hunziker, celui qui a fait le buste extérieur de Tribschen. Cet ouvrage avait été commandé par Armin Troesch qui ne s'attendait pas à ce résultat... Conclusion, personne ne veut de cette statue qui pour l'instant est sur un toit-terrasse de la maison de musique Jecklin, à l'angle de la Rämi Straße et du Zeltweg. Certains ont comparé cette statue de Wagner à celle de Balzac, faite par Rodin. A vous de juger, je vous mets les deux !

 

Balzac

Le Wagner de Hunziker

 

Rendez-vous en octobre pour un compte-rendu du Ring de Dijon.