La venue de grandes stars de l'art lyrique à Lyon est une chose plutôt rare, aussi l'annonce du concert de Bryn Terfel avait de quoi interpeller les amateurs malgré un programme restreint. L'Orchestre National de Lyon était dirigé de main de maître au plein sens du mot par le jeune Lahav Shani. Après une 40ème Symphonie de Mozart, fougueuse, presque romantique, il a accompagné Bryn Terfel dans deux morceaux de bravoure de Verdi (Othello et Falstaff) et c'était déjà l'entracte ! On a repris avec un Siegfried Idyll alourdi dans sa version pour grand orchestre. Et cela s'est terminé par un véritable éblouissement avec les Adieux de Wotan interprétés avec une conviction, une intensité réellement formidable sans parler des qualités de timbre et de phrasé de cet immense artiste qu'est Bryn Terfel. Un moment inoubliable !

Bryn Terfel

 

Lahav Shani

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'était tout le contraire le lendemain avec le concert Wagner-Liszt au Théâtre du Casino d'Aix-les-Bains dans le cadre du Festival des Nuits Romantiques qui célèbrait les 120 ans de la création française de Tristan et Isolde.

Plaque pour Tristan

Jonas Vitaud a déchiffré plus qu'interprété des transcriptions-paraphrases d'oeuvre de Wagner par Franz Liszt. Il s'est en partie rattrapé après l'entracte, mais dans un programme lui aussi de rattrapage puisque la Sonate de Liszt, initialement annoncée, a été remplacée par quelques Consolations et par la Mephisto-Valse N°1.

Nuits romantiques

 

Jonas Vitaud

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons consacré la journée du samedi à une escapade sur les bords du lac Léman, histoire de fêter une sorte de jubilé. En effet, cela fait tout juste 40 ans que nous avions commencé, à l'automne 1977, nos périples d'exploration des lieux de séjour de Richard Wagner en préparation aux "Rendez-vous wagnériens". Et nous avions débuté par La Tour de Peilz (Pension du Rivage, décembre 1865) et Villeneuve (Hôtel Byron, printemps 1850). L'Hôtel Byron est devenu une résidence pour personnes âgées (et néanmoins fortunées !). En revanche, la Pension autrefois tenue par des religieuses, a été très heureusement aménagée en un hôtel-restaurant plus que confortable (Hostellerie Bon Rivage) dont la table dans le genre "bourgeois-raffiné" est à recommander vivement. 

ancien hôtel Byron

Hostellerie Bon Rivage

 

 

Salle Cosima

 

Salle Wagner

 

 

 

 

 

 

 

 

Hostellerie avec signatures

Hôtel Bon Rivage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le soir, au Centre de Congrès d'Aix-les-Bains, nous avons retrouvé une douzaine de nos amis du Cercle Richard Wagner-Lyon venus assister au concert dont le programme comprenait les ouvertures ou préludes des onze ouvrages lyriques de Wagner de Rienzi à Parsifal.

Quelques wagnériens lyonnais à Aix les Bains

Idée étrange, une véritable gageure, avec peut-être l'espoir de figurer un jour dans le Guinness des records. En tout cas, épreuve redoutable, parfaitement réussie par l'Orchestre Symphonique National de la RAI de Turin. Ce fut un plaisir d'entendre et de voir avec quelle ardeur enthousiaste les instrumentistes s'en donnaient littéralement à coeur joie, dirigés par le jeune chef finlandais Pietari Inkinen à la gestique conventionnelle mais ô combien efficace. Que le programme soit une sorte de défi, on s'en est bien rendu compte avec les préludes des quatre journées du Ring qui sont en fait des introductions orchestrales et ne sont guère appropriées à une audition au concert. Plutôt que de viser à tout prix à cette "intégrale" peut-être aurait-il mieux valu insérer l'Ouverture pour Faust ou donner le Prélude de Tristan avec sa belle conclusion (version 1860) si rarement jouée ; sans parler des tubes incontournables que sont la Chevauchée des Walkyries ou le Prélude du troisième acte de Lohengrin qui auraient déclenché l'enthousiasme du public.

Pietari Inkinen

Autre bémol, c'était la présence intempestive d'une présentatrice qui accumula les banalités, les approximations et les balourdises sans vraiment parvenir à intéresser les profanes mais en réussissant parfaitement à exaspérer les connaisseurs.

Citation de Wagner