Le musée des Beaux-Arts de Lyon occupe les bâtiments d'une ancienne abbaye donnant sur la place des Terreaux. C'est un beau musée généraliste faisant naturellement la part belle à la sculpture et à la peinture.

L'empreinte wagnérienne ne se révèle qu'au disciple perspicace ; elle n'en est pas moins attachante, se manifestant dans quatre sujets, deux sculptures et deux peintures :

- Dans la chapelle Saint-Pierre où sont rassemblées les sculptures, on peut voir le bas-relief en bronze dédié à la cantatrice Louise Janssen qui se trouvait autrefois dans le hall de l'Opéra Grand-Théâtre.

- Dans le département des objets d'art, se trouve un beau buste par Zacharie Astruc représentant le Sâr Péladan, ce fumeux prosélyte du wagnérisme ésotérique, natif de Lyon.

Louise Janssen

 

 

Le Sâr Péladan (1)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Non loin de là est accrochée une grande toile de Louis Bouquet représentant la scène du philtre de Tristan et Iseult. Louis Bouquet, peintre lyonnais, est l'auteur des grandes peintures de l'Hôtel des Postes et aussi de la décoration du plafond du hall du Palais de Bondy (Salle Molière).

Tristan et Iseult par Louis Bouquet

- La dernière allusion wagnérienne correspond à une vue du Grand Canal de Venise par Bernardo Belloto (neveu de Canaletto). Elle représente le Canal dans sa grande boucle avec au fond le palais Balbi, à gauche le palais Rezzonico pas encore terminé, et en face les alentours du Campo San Samuele (le palais Grassi n'était pas construit). Le plus intéressant pour nous se situe sur la gauche où on reconnaît (bien qu'ils soient tassés) le palais Foscari suivi par les trois palais Giustiniani. C'est dans le troisième (le plus près de la Ca' Rezzonico) que Wagner séjourna pendant six mois en 1858-59 et qu'il y peaufina longuement et superbement le deuxième acte de Tristan.

Le Grand Canal par Belloto

 

Wagner au Musée des Beaus-Arts